Le maire Labeaume dénonce une «injustice frappante»

Le maire de Québec, Régis Labeaume
Photo: Jacques Boissinot Archives La Presse canadienne Le maire de Québec, Régis Labeaume

Si le gouvernement Legault avait été aussi généreux avec le tramway qu’avec le Réseau express métropolitain (REM), le projet aurait pu passer de 3,3 à 4,5 milliards de dollars, affirme le maire de Québec, Régis Labeaume, qui y voit une « iniquité totale ».

« Québec est traité comme un village vis-à-vis de Montréal », a-t-il fait valoir dans sa première réaction à la décision du gouvernement Legault de revoir lui-même le tracé du projet. « Ce qui est permis à Montréal ne l’est pas à Québec », a-t-il dit, en dénonçant une « iniquité totale » et « une injustice frappante ».

Tableau à l’appui, M. Labeaume a fait valoir lors d’une conférence de presse, lundi, que le budget du Réseau express métropolitain était passé de 5,5 milliards à 7,5 milliards de dollars, notamment grâce aux dernières contributions attendues pour l’aéroport de Montréal.

Cela correspond, dit-il, à une hausse de 36 % du budget dont dispose la Caisse de dépôt et placement du Québec (CDPQ) pour le REM. La Ville de Québec, elle, reste « coincée » avec 3,3 milliards de dollars, sans possibilité de hausse.

Le maire s’est également dit ouvert au raccordement du projet avec celui du tunnel Québec-Lévis, mais a ajouté qu’il était sans nouvelles du gouvernement dans ce dossier depuis des mois.

Dix kilomètres de moins

Il a en outre levé le voile sur les négociations menées avec le gouvernement depuis octobre et il dément les propos du premier ministre selon lesquels il n’y aurait « pas d’ouverture » de son côté.

M. Labeaume affirme qu’ils s’étaient entendus avant Noël sur un parcours de tramway moins long vers le nord de Charlesbourg au profit d’ajouts de service ailleurs en périphérie. « On s’alignait vers un décret à la fin janvier. »

Or, toujours selon ses dires, le 11 février, l’entente ne tenait plus. Le ministre des Transports, François Bonnardel, lui aurait alors soumis de nouvelles « hypothèses », où les portions du tracé situées à Cap-Rouge (terminus Le Gendre), à Limoilou et à Charlesbourg étaient retranchées, soit l’équivalent de 10 kilomètres sur 22. Les deux extrémités de la ligne de tramway seraient dès lors à Sainte-Foy et à Saint-Roch. Par contre, soutient le maire, le gouvernement ouvrait la porte à des fonds supplémentaires pour financer une nouvelle ligne de tramway entre Saint-Roch et le pôle D’Estimauville à Beauport et de nouvelles voies réservées vers le nord. « On m’a transmis des informations verbalement, et j’ai vu une carte », a dit M. Labeaume, en soulignant que ce n’était « pas très étoffé ».

Au cabinet de François Bonnardel, on n’a pas voulu répliquer, prétextant ne pas vouloir négocier sur la place publique. Plus tôt, le ministre avait dit qu’il soumettrait « une proposition à la Ville dans les prochaines semaines ».

« Puisque l’échec n’est pas une option, on doit bien faire les choses et, si tout le monde est de bonne foi, je suis confiant [dans le fait] que nous aurons de bonnes nouvelles dans les prochaines semaines pour les gens de Québec », avait-il affirmé plus tôt en journée lors d’un événement virtuel organisé par l’organisme Trajectoire Québec.

Intégration problématique

Le ministre reconnaît par ailleurs que la CDPQ aura fort à faire pour rassurer les Montréalais au sujet de l’intégration urbaine des tronçons aériens du REM de l’est dans le centre-ville.

François Bonnardel a assuré que CDPQ Infra avait étudié tous les scénarios possibles pour l’aménagement du REM de l’Est en souterrain et qu’à l’instar de la mairesse Valérie Plante, il avait exprimé des inquiétudes quant à la construction du REM sur des piliers au-dessus du boulevard René-Lévesque.

Avec sa collègue responsable de la Métropole, Chantal Rouleau, il dit avoir abondamment questionné CDPQ Infra à ce sujet.

« L’approche de l’aérien, que ce soit sur René-Lévesque ou sur Sherbrooke, sera bien différente que celle qu’on peut connaître ou voir le long des grands axes routiers, a-t-il expliqué. Je pense qu’on peut faire confiance aux experts de la Caisse. […] J’en conviens, la Caisse aura beaucoup de travail dans les prochains mois pour rassurer les gens [sur le fait] qu’on mettra les meilleurs experts au monde pour s’arrimer et s’assurer qu’on aura le plus beau des projets. »

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