Service d’autobus en Gaspésie: toujours pas d’entente avec Keolis

Photo: Ryan Remiorz La Presse canadienne

À trois jours de l’abandon des services de bus en Gaspésie, le gouvernement Legault n’est toujours pas parvenu à s’entendre avec l’entreprise Keolis. Sur place, ceux qui en ont besoin se croisent les doigts.

C’est le cas de Dany Michaud, 52 ans. « Comment je vais faire ? Je me casse la tête », lance-t-elle au téléphone. Atteinte d’arthrite rhumatoïde, elle utilise l’autocar pour subir des examens et des traitements à Québec.

Il faut pas moins de huit heures d’autobus pour se rendre dans la capitale à partir de Sainte-Anne-des-Monts. Mais c’est la seule option qu’elle a. « Comment je vais faire pour aller à mes traitements ? », se demande cette ancienne infirmière qui a dû cesser de travailler à cause de la maladie il y a quatre ans. « Mon mari ne peut pas me conduire parce qu’il travaille. »

Négociation de dernière minute avec l’entreprise

Pendant ce temps à Québec, les pourparlers se poursuivent entre le gouvernement et l’entreprise Keolis.

Le 27 janvier, cette dernière a annoncé une interruption « temporaire » du service à compter du 7 février en Gaspésie, mais aussi dans le Centre-du-Québec. Face au tollé suscité par la nouvelle, Québec a débloqué une aide d’urgence de 10 millions $ pour soutenir le secteur du transport interrégional.

Plusieurs ont cru à tort que le problème était réglé. Joint jeudi, l’archevêque de Gaspé, Gaétan Proulx, était resté sur l’impression que le service allait être prolongé au-delà du 7. Or Keolis entend toujours interrompre le service à partir de dimanche. Jeudi en fin de journée, au service à la clientèle, on confirmait que le dernier bus reliant Gaspé à Québec allait quitter samedi à 9 h 00 du matin.

« Nous sommes en discussion », indique-t-on au cabinet du ministre des Transports, François Bonnardel. Plus tôt à la période de questions, le ministre avait été incapable de confirmer si des autobus allaient prendre la route dimanche.

En région, les gens s’impatientent. « Orléans Express [NDLR : Keolis] devrait se montrer bon. joueur et ne pas pénaliser la population », plaide le préfet de la MRC de la Haute-Gaspésie, Allen Cormier. « Ils pénalisent la couche la plus vulnérable de la société, les étudiants, les personnes âgées, les gens qui ont des problèmes de santé. »