À Montréal, un REM souterrain sous le boulevard René-Lévesque?

La mairesse Valérie Plante avait reconnu qu’un métro aérien présentait des soucis esthétiques et d’intégration architecturale au centre-ville, notamment sur le boulevard René-Lesveque.
Photo: Paul Chiasson La Presse canadienne La mairesse Valérie Plante avait reconnu qu’un métro aérien présentait des soucis esthétiques et d’intégration architecturale au centre-ville, notamment sur le boulevard René-Lesveque.

Préoccupée par les répercussions du Réseau express métropolitain (REM) de l’Est sur le paysage urbain du centre-ville, la Ville de Montréal demande au gouvernement du Québec et à la Caisse de dépôt et placement du Québec (CDPQ) d’étudier un scénario qui permettrait la construction en souterrain du futur train sous le boulevard René-Lévesque.

Lorsque le premier ministre FrançoisLegault avait annoncé le prolongement du REM vers l’est en décembre dernier, CDPQ Infra, qui pilote le projet, avait indiqué avoir écarté l’idée de construire le REM en souterrain dans l’axe du boulevard René-Lévesque en raison de la présence du réseau de métro et de l’autoroute Ville-Marie en sous-sol.

Présente lors de l’annonce, la mairesse Valérie Plante avait reconnu qu’un métro aérien présentait des soucis esthétiques et d’intégration architecturale au centre-ville. « Il n’est pas question de construire une autoroute métropolitaine en plein centre-ville. On doit en faire un ouvrage d’art. On doit en faire une signature. Il faut que ça se démarque », avait-elle alors déclaré.

Un mois plus tard, la mairesse semble avoir entendu les nombreux experts en architecture et en urbanisme qui ont critiqué certains éléments du projet, dont la structure aérienne d’une hauteur d’au moins cinq mètres prévue au-dessus du terre-plein du boulevard René-Lévesque

Dans une déclaration qu’elle soumettra au conseil municipal lundi prochain pour adoption par les élus montréalais, la mairesse demande que plusieurs scénarios d’intégration et d’implantation du tracé et des stations soient soumis au comité aviseur mis sur pied par CDPQ Infra, « y compris des options en souterrain, sous le boulevard René-Lévesque ».

Il n’est pas question de construire une autoroute métropolitaine en plein centre-ville. On doit en faire un ouvrage d’art.

 

Ce comité aviseur doit être indépendant, pluridisciplinaire et actif tout au long du processus, souligne la Ville dans sa déclaration, qui requiert aussi de CDPQ Infra qu’une démarche de consultation soit tenue auprès des Montréalais afin de s’assurer de l’acceptabilité du projet.

La Ville ne souhaite pas être un simple spectateur dans ce projet et demande à être reconnue comme partie prenante et décisionnelle dans le projet à toutes les étapes de planification, de conception et de réalisation du projet. La gouvernance et le processus décisionnel devront être adaptés en conséquence, ajoute-t-elle.

Montréal veut aussi que le gouvernement lui accorde le financement requis pour qu’elle puisse « accompagner » CDPQ Infra avec le personnel et les ressources nécessaires. Québec doit intégrer dans le financement global les coûts associés aux aménagements sur le domaine public, ajoute-t-on.

Finalement, la Ville demande que le bureau conjoint de projet pour la revitalisation de la rue Notre-Dame lance ses travaux en se coordonnant avec ceux du REM de l’Est.

Rappelons que le REM de l’Est, un projet de 10 milliards de dollars, prévoit la construction de deux axes couvrant 32 kilomètres avec un tracé aérien sur une grande partie. Il comportera deux antennes, l’une vers Montréal-Nord et l’autre vers Pointe-aux-Trembles.

À voir en vidéo