Jean-François Rheault vient d’être nommé p.-d.g. de Vélo Québec

Jean-François Rheault entrera en poste le 1er février.
Photo: Marie-France Coallier Le Devoir Jean-François Rheault entrera en poste le 1er février.

Contribuer à ce que le vélo poursuive sa conquête du Québec au-delà de la métropole et apaiser les réticences par rapport aux nouvelles infrastructures cyclables, voilà quelques-unes des missions que s’est données Jean-François Rheault qui vient d’être nommé p.-d.g. de Vélo Québec afin de prendre le relais de Suzanne Lareau qui a occupé ce poste pendant 19 ans.

Directeur général depuis 15 ans d’Éco-Compteur, une entreprise spécialisée dans le comptage de piétons et de cyclistes, Jean-François Rheault entrera en poste le 1er février. Il prend la tête d’une organisation militante bien établie et présente dans le paysage québécois depuis 1967. « Vélo Québec existe depuis plus de 50 ans. L’organisation a un modèle qui fonctionne bien. Ce n’est pas quelque chose qu’on change du jour au lendemain, dit-il. Je vois Vélo Québec comme une organisation qui est là pour élever le débat, faire la promotion du vélo, et, dans un contexte plus global, s’exprimer sur des enjeux de transport. »

Résistances

Jean-François Rheault, 39 ans, arrive à Vélo Québec en pleine pandémie. Il croit qu’un de ses principaux défis sera d’accroître l’attrait du vélo à l’extérieur de la métropole. « Le vrai changement de mentalités au Québec va surtout se passer à l’extérieur de Montréal, avance-t-il. Veut, veut pas, à Montréal on n’a pas le choix : il y a de la congestion et il faut déplacer des gens. C’est une solution facile à mettre en place. Par contre, il y a des villes où le vélo n’est pas une priorité même s’il y a des choses absolument fantastiques qui se font dans des villes comme Laval, Drummondville ou Terrebonne. »

Au cours de la dernière année, le vélo a continué de susciter la controverse avec, notamment, l’implantation du Réseau express vélo (REV) sur la rue Saint-Denis à Montréal. Jean-François Rheault est conscient des résistances, mais estime que les effets positifs des infrastructures vélo sont maintenant connus. Il cite le cas de Vancouver où le déploiement de pistes cyclables avait suscité la grogne des commerçants au tournant des années 2010 avant de finalement rallier ceux-ci aux bienfaits du vélo pour leurs affaires.

Jean-François Rheault s’est remis cette année au vélo d’hiver. « Je suis bien conscient que le vélo d’hiver ne convient pas à tout le monde. Par contre, ça peut permettre de désengorger notre réseau de transport en commun. Avec la pandémie, on s’aperçoit que des petits points de pourcentage qu’on est capable de déplacer d’un mode de transport à l’autre ont un grand impact sur la congestion. C’est important que les gens qui souhaitent se déplacer à vélo puissent avoir accès à des infrastructures », explique-t-il.

M. Rheault prendra la relève de Suzanne Lareau. En entrevue au Devoir, celle-ci admet avoir demandé cet automne à Jean-François Rheault s’il envisageait de soumettre sa candidature pour le poste.

Elle se dit ravie que le comité de sélection du conseil d’administration de Vélo Québec ait arrêté son choix sur Jean-François Rheault. « C’est un gars qui a opéré une entreprise, alors il sait ce que c’est. Vélo Québec, ça reste une petite PME. Et Jean-François est un fin observateur de ce qui se passe à vélo ailleurs sur la planète dû au travail qu’il a fait dans les 15 dernières années, fait-elle valoir. C’est donc quelqu’un qui est bien au fait de la situation et des améliorations souhaitables pour continuer à développer l’usage du vélo. C’est un excellent choix. »

Suzanne Lareau quittera l’organisation le 17 février. Avec son équipe, elle a élaboré une édition spéciale du Tour de l’île et du Tour de nuit — qui avaient dû être annulés l’an dernier — qui tient compte de la « réalité pandémique ». Le projet devra toutefois recevoir l’approbation de la Santé publique.

À voir en vidéo