La déconstruction du pont Champlain sera complétée en janvier 2024

La déconstruction de l'«ancien» pont Champlain devait initialement durer trois ans, mais la pandémie a forcé la PJCCI à revoir son échéancier. Il lui a aussi fallu tenir compte de la période de fraie des poissons et des contraintes liée à la voie maritime.
Photo: Jacques Nadeau Le Devoir La déconstruction de l'«ancien» pont Champlain devait initialement durer trois ans, mais la pandémie a forcé la PJCCI à revoir son échéancier. Il lui a aussi fallu tenir compte de la période de fraie des poissons et des contraintes liée à la voie maritime.

La déconstruction du pont Champlain, qui a débuté en août à l’Île-des-Sœurs, prendra plus de temps que prévu en raison de la pandémie de COVID-19. Les travaux, qui s’échelonneront sur plus de trois ans et demi, devraient se terminer en janvier 2024.

Plusieurs méthodes seront utilisées pour démanteler la structure vieillissante, mais 65 % des travaux seront réalisés à l’aide de plateformes sur l’eau, a expliqué mardi la société d’État fédérale Ponts Jacques-Cartier et Champlain Incorporée (PJCCI) lors d’une conférence de presse virtuelle.

La majorité des piliers sous l’eau, de même que les travées, seront progressivement retirés au cours des prochaines années. Les travaux de la section située au-dessus du fleuve Saint-Laurent, qui ont commencé l’été dernier, se poursuivront jusqu’en 2024. Ceux de la voie maritime se feront entre le printemps 2021 et l’hiver 2024. Pour ce qui est de la section de Brossard, le chantier s’échelonnera du printemps 2022 jusqu’à l’hiver 2024.

Le chantier devait initialement durer trois ans, mais la pandémie a forcé la PJCCI à revoir son échéancier. Il lui a aussi fallu tenir compte de la période de fraie des poissons et des contraintes liée à la voie maritime. « Ce sont deux zones critiques qui peuvent affecter la réalisation du chantier », a indiqué Sandra Martel, première dirigeante de PJCCI.

C’est le consortium Nouvel Horizon Saint-Laurent qui réalisera les travaux à la suite du contrat accordé en juillet dernier. Le coût de ce contrat s’élève à 225,7 millions $, auxquels s’ajouteront des frais liés à l’application de mesures sanitaires requises à cause de la pandémie. La facture totale sera connue une fois les travaux complétés, mais la PJCCI assure que celle-ci ne dépassera pas l’enveloppe prévue de 400 millions $.

Les travaux nécessiteront le retrait de 287 000 tonnes de matériaux, dont 250 000 tonnes de béton. Ceux-ci seront recyclés ou revalorisés. Le consortium prévoit la circulation de 20 camions par jour, mais ils ne se déplaceront pas en période de pointe, a assuré Simon Hébert, directeur de projet adjoint à Nouvel Horizon Saint-Laurent. Des mesures seront également mises en place pour atténuer les impacts du chantier, comme le contrôle de la poussière, le recours à des sonomètres et l’installation de stations visant à mesurer la qualité de l’air.

Au terme du chantier, 7,2 hectares en berges seront réaménagés, mais les détails des projets ne sont pas encore connus car plusieurs scénarios inspirés des consultations citoyennes sont encore à l’étude.

Comme la déconstruction du pont Champlain aura une incidence sur l’habitat des poissons, des projets de compensation sont prévus pour minimiser son impact. Ainsi, la PJCCI entend procéder à l’aménagement d’une plaine inondable sur une terre agricole située à Saint-Ignace-de-Loyola. Même si la PJCCI estime que les impacts pour l’habitat du poisson seront temporaires, les projets compensatoires seront permanents.

Inauguré en 1962, l’ancien pont Champlain a été fermé en 2019 à l’occasion de l’ouverture du pont Samuel-De Champlain.