Projet Namur-Hippodrome: Montréal devra s’attaquer aux problèmes de congestion

Le quartier qu’entend développer Montréal s’étend de l’ancien hippodrome à la station de métro Namur.
Photo: Ville de Montréal Le quartier qu’entend développer Montréal s’étend de l’ancien hippodrome à la station de métro Namur.

Si l’Office de consultation publique de Montréal (OCPM) accueille favorablement la transformation du site de l’ancien hippodrome en quartier résidentiel écologique et carboneutre, il prévient la Ville de Montréal qu’elle devra s’attaquer aux enjeux de congestion automobile qui risquent de s’aggraver dans le secteur.

À la suite d’une entente conclue en 2012, le gouvernement du Québec avait cédé à la ville le vaste terrain de 46 hectares de l’ancien hippodrome dont les activités ont cessé en 2009. L’an dernier, l’administration Plante a présenté les grandes lignes du projet Namur-Hippodrome qui vise à créer un quartier résidentiel comportant 6000 unités selon les principes d’écologie urbaine et de mobilité durable. Le projet, qui se veut un milieu de vie diversifié, prévoit aussi des espaces de bureaux et des commerces de proximité, ainsi qu’un verdissement massif du site, l’aménagement d’infrastructures de transport actif et des mesures telles que l’efficacité énergétique des bâtiments et la gestion des eaux pluviales. L’OCPM a étudié le projet lors de consultations tenues l’hiver dernier.

Congestion importante

Dans son rapport rendu public jeudi, l’OCPM souligne que des enjeux importants de congestion routière sont à prévoir. Il rappelle qu’en 2019, un groupe de travail s’était penché sur le développement d’un secteur plus vaste aux abords de l’échanger Décarie, soit celui de Namur-De la Savane. Ce groupe de travail avait relevé que l’ajout de 15 000 unités d’habitation — avec les projets Royalmount et le Triangle notamment — aux 17 000 qui existent déjà, en plus des 250 000 m2 de superficie commerciale, de bureaux et de service, alourdiraient la congestion automobile déjà importante. « Ces enjeux de mobilité constituent un frein important à l’atteinte de la carboneutralité souhaitée pour le futur quartier », écrit l’OCPM dans son rapport. « Namur-Hippodrome viendra s’insérer dans la dynamique déjà saturée du secteur des autoroutes 15 et 40, qui perdure et nécessite un virage majeur. »

Dans ce contexte, la réduction de la congestion automobile dans les secteurs environnants sera nécessaire et l’adoption de mesures qui privilégieront le transport collectif et actif devront être mises en place par les partenaires situés à l’extérieur du périmètre du nouveau quartier, estime l’Office.

Le projet est aussi assorti du raccordement du boulevard Cavendish dont la trame est interrompue par les voies ferrées du Canadien Pacifique (CP) et du Canadien National (CN). Le prolongement de cet axe est dans les cartons depuis des décennies afin d’établir un lien entre les arrondissements de Saint-Laurent et de Côte-des-Neiges–Notre-Dame-de-Grâce et désenclaver le secteur. Or, souligne l’OCPM, ce projet se traduira par l’implantation d’un boulevard urbain au cœur du quartier Namur-Hippodrome, ce qui est contraire à l’objectif de carboneutralité. L’Office recommande donc à la Ville de revoir ses plans et d’envisager des mesures d’apaisement et l’élimination de la circulation de transit.

Outre le réaménagement des abords de la station de métro Namur, la Ville pourrait prévoir un mode de transport collectif, tel que le tramway évoqué dans le Plan de transport de 2008, afin de desservir le quartier de l’hippodrome et celui du Triangle, avance l’OCPM.

Environnement hostile

Le projet Namur-Hippodrome veut mettre de l’avant des principes de développement durable et de qualité de vie, mais l’Office voit mal comment un tel quartier pourrait se réaliser harmonieusement puisqu’il se retrouvera dans un environnement hostile avec la proximité des activités industrielles du Canadien Pacifique et la présence du boulevard Décarie. L’organisme recommande donc d’appliquer à tout le secteur les mêmes règles d’aménagement écoresponsables afin de ne pas mettre en péril l’atteinte de ces objectifs.

La Ville a déjà fait savoir son intention de prévoir des terrains pour la construction d’écoles. Dès la première phase du projet, elle devrait aussi réserver des terrains pour les logements sociaux et déterminer rapidement où seront situés les espaces verts et les équipements sportifs et récréatifs, indique l’OCPM.

Des citoyens ont suggéré que la Ville réhabilite un bras de la rivière Saint-Pierre, aujourd’hui enfoui dans la partie sud du site. L’Office a retenu l’idée et propose à la Ville d’évaluer la possibilité de relier le nouveau quartier à d’autres milieux naturels comme celui de la Falaise Saint-Jacques. Dans cette optique, l’organisme recommande à la Ville d’établir, dès le début du projet, les cibles à atteindre pour l’établissement d’espaces de biodiversité et autres milieux naturels.

Le rapport a été remis à l’administration Plante le 17 septembre dernier.