J’embarque pour un Montréal carboneutre

Marie-Hélène Alarie Collaboration spéciale
L’objectif  de la Ville  de Montréal  est de devenir carboneutre  d’ici 2050.
iStock L’objectif de la Ville de Montréal est de devenir carboneutre d’ici 2050.

Ce texte fait partie du cahier spécial Mobilité durable

Dans le Grand Montréal, année après année, le transport collectif fait de plus en plus d’adeptes. C’est la conclusion d’une enquête de l’Autorité régionale de transport métropolitain, qui note une augmentation de 4 % de la fréquentation entre 2013 et 2018. La mauvaise nouvelle, c’est qu’il y a encore près de 70 % des déplacements aux heures de pointe qui se font en voiture.

« Le transport, c’est la source première d’émission de gaz à effet de serre, c’est le signal qu’on ne peut pas continuer à utiliser autant de pétrole pour se déplacer », rappelle Blaise Rémillard, responsable Transport et urbanisme au Conseil régional environnement Montréal (CRE). Cet organisme à but non lucratif indépendant qui se consacre à la protection de l’environnement et à la promotion du développement durable sur l’île de Montréal chapeaute depuis six ans la campagne J’embarque. Ce rendez-vous de la mobilité durable propose durant tout le mois de septembre des conférences, webinaires et ateliers afin d’informer et de mobiliser la population, les administrations publiques, les entreprises et les organismes communautaires quant aux options de mobilité durable actives ou collectives, partagées ou électriques. Le grand public peut prendre connaissance de la programmation par l’entremise des réseaux sociaux et sur le site du CRE (cremtl.org).

Cette année, la campagne s’intéresse particulièrement aux pointes est et ouest de l’île de Montréal : « Ce sont des secteurs moins densément peuplés que le reste de l’Île et peu desservis parce que pas conçus pour la mobilité durable. En fait, ces quartiers se sont construits autour de l’auto », explique M. Rémillard. Ainsi les acteurs de la mobilité durable tenteront de déterminer les besoins et les stratégies uniques de ces territoires pour réussir une transition efficace. « Les participants regardent le chemin qu’il reste à parcourir au vu des particularités de ces secteurs et réfléchissent à comment ils peuvent s’approprier les défis de la mobilité durable », ajoute-t-il.

Le 18 septembre, partout dans le monde, on célèbre le « Park(ing) Day ». Montréal ne sera pas en reste avec une programmation plus virtuelle qu’à l’habitude — pandémie oblige — mais toujours aussi ludique et artistique. L’événement vise à susciter le débat sur l’occupation de l’espace public par la voiture. Blaise Rémillard précise que « dans une rue normale, on a parfois jusqu’à 80 ou 90 % de l’espace qui est réservé à la voiture. Il ne reste aux piétons qu’un infime pourcentage et souvent en mauvais état et pour les vélos, presque rien sinon une étroite piste cyclable généralement mal protégée ».

À noter aussi l’action communautaire ce samedi, en présence de groupes du milieu à propos du projet de dalle-parc, cette passerelle piétonne et cyclable qui devrait enjamber l’échangeur Turcot, mais dont on attend toujours des nouvelles… Le samedi suivant, un événement du même type se tiendra sur la piste cyclable de la rue Christophe-Colomb pour réclamer que cette dernière, aujourd’hui temporaire, devienne permanente.

L’objectif de la Ville de Montréal est de devenir carboneutre d’ici 2050. « Si on veut atteindre la cible dans le domaine du transport, ça veut dire qu’il faut que presque toutes les actions aient été réalisées avant 2040. Il faut arrêter d’acheter des voitures à essence si on veut qu’en 2050 elles ne roulent plus sur les routes. Bref, on a 20 ans pour réaliser cette transition », rappelle le responsable.

Des événements comme J’embarque servent ainsi à documenter tout ce processus et permettent de voir le chemin qu’il reste à parcourir, mais aussi les solutions émergentes et les défis particuliers de certains territoires.