Une grille tarifaire simplifiée dans la grande région de Montréal

Le nombre de titres de transports offerts dans la grande région de Montréal passera de plus de 700 à environ une centaine.
Photo: Valérian Mazataud Le Devoir Le nombre de titres de transports offerts dans la grande région de Montréal passera de plus de 700 à environ une centaine.

Prendre le Réseau express métropolitain (REM) coûtera le même prix que le métro et l’autobus à Montréal, Laval et Longueuil. Avec la nouvelle grille tarifaire dévoilée jeudi, l’Autorité régionale de transport métropolitain (ARTM) a procédé à une simplification des titres de transport sur le territoire de la grande région de Montréal.

L’ARTM travaillait depuis deux ans sur cette réforme qui vise à faire le ménage dans les titres de transport en vigueur dans la région métropolitaine. Elle fait donc passer le nombre de titres sur le territoire de plus de 700 à une centaine. « On souhaitait avoir un système qui soit pleinement cohérent à l’échelle de la région et qu’il soit simple. Beaucoup de personnes n’utilisent pas le service de transport en commun actuellement parce que ça leur apparaît trop complexe, notamment du point de vue de la tarification », a expliqué Daniel Bergeron, directeur exécutif, planification des transports et mobilité à l’ARTM.

La nouvelle grille comporte quatre zones, au lieu de huit actuellement. La zone 1 correspond à l’île de Montréal, la zone 2 couvre Laval et l’agglomération de Longueuil, la zone 3 comprend les couronnes nord et sud, alors que la zone 4 regroupe les municipalités des couronnes situées à l’extérieur du territoire de l’ARTM.
 

 


Sur l’île de Montréal, par exemple (zone 1), le titre « Tous modes » à 90 $ donnera accès indistinctement aux autobus, au métro, aux trains de banlieue et au REM, ainsi qu’au transport adapté. À l’intérieur des zones 2, 3 et 4, le coût de ce titre sera de 100 $. Un usager qui voudrait voyager dans les zones 1 et 2 devra toutefois payer 144 $ mensuellement. Et un résident de la banlieue qui voyagerait régulièrement entre la zone 4 et la zone 1 déboursera 245 $.

L’ARTM a aussi créé un autre titre baptisé « Bus partout » à 110 $ destiné aux usagers voyageant uniquement en autobus dans deux zones. L’ARTM vise notamment la clientèle étudiante avec ce titre.

La réforme entrera progressivement en vigueur à compter de juillet 2021, qui coïncide avec la mise en service du REM, et devrait être déployée sur tout le territoire en 2024.

L’ARTM soumettra le projet de réforme à la consultation cet automne et le conseil d’administration devrait l’entériner au mois de décembre.

Iniquité

La nouvelle grille est injuste pour les usagers de l’agglomération de Longueuil, estime l’Association pour le transport collectif de la Rive-Sud (ATCRS). Avec la nouvelle grille et l’arrivée du REM, les autobus Réseau de transport de Longueuil (RTL) ne pourront plus emprunter le pont Samuel-De Champlain et les usagers qui payaient 100 $ pour leur titre de transport mensuel afin de se rendre à Montréal devront désormais débourser 144 $.

En revanche, les usagers de l’ouest de l’île de Montréal, qui devaient verser 141 $ pour la carte mensuelle TRAM 3, verront leur tarif réduit à 90 $ par mois avec l’entrée en service du REM. Ainsi, un résident de Kirkland paiera seulement 90 $ contre 144 $ pour un citoyen de Brossard, même si la distance à parcourir pour se rendre à Montréal est beaucoup plus grande, déplore l’ATCRS.

L’ATCRS juge aussi inéquitable que le titre pour les autobus de la Rive-Sud soit de 100 $ alors qu’il ne sera que de 90 $ sur l’île de Montréal.

Le président de Trajectoire Québec, François Pepin, convient que les citoyens résidant aux extrémités de l’île de Montréal seront avantagés, mais il souligne que la création d’une seule zone pour l’agglomération de Montréal était réclamée depuis des années.

La situation des usagers de Brossard demeure problématique même si le REM pourrait être vu comme une amélioration de service. « C’est un choc tarifaire majeur quand on augmente un tarif de 40 $ par mois. L’ARTM dit qu’ils auront un meilleur service qu’avant. Sauf qu’entre un meilleur service et une augmentation de 40 %, il y a une marge », estime M. Pepin. L’organisme entend proposer à l’ARTM d’étaler les hausses sur plusieurs années pour atténuer le choc.

La simplification de la grille représente toutefois un progrès et elle était attendue depuis longtemps, conclut-il.

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