Distanciation compliquée sur la rue Saint-Jean

Les touristes ont pris d’assaut la rue Saint-Jean, dans le Vieux-Québec, depuis le début des vacances de la construction.
Photo: Francis Vachon Le Devoir Les touristes ont pris d’assaut la rue Saint-Jean, dans le Vieux-Québec, depuis le début des vacances de la construction.

Il n’est pas rare de voir la plus ancienne artère commerciale de Québec bondée malgré la pandémie depuis le début des vacances de la construction il y a environ deux semaines. La rue Saint-Jean est fermée à la circulation automobile dans le Vieux-Québec dès 11 h tous les jours pour permettre aux restaurateurs d’installer leurs terrasses sur le trottoir et dans la rue tout en respectant la distanciation requise. Or, plus les touristes sont nombreux à l’arpenter, plus il leur est difficile de respecter les deux mètres recommandés lorsqu’ils se promènent.

« C’est notre seule sortie de l’été qu’on fait et c’est pas mal limite, a affirmé Caroline Lord, une commerçante du Bas-Saint-Laurent qui s’est accordé une journée de répit dans la Vieille-Capitale. Je trouve quand même qu’on prend une chance. » Elle n’est toutefois pas allée jusqu’à porter un masque à l’extérieur.

Certains touristes ont choisi de mettre leur couvre-visage comme deux dames de la région de Lanaudière qui venaient se sortir du secteur le plus achalandé où se trouvent de nombreux restaurants, bars et magasins. Même chose pour Pascal Dominic Leblanc et sa conjointe rencontrés à leur sortie d’un magasin de vêtement.

« Tantôt, c’était plus dense, alors ma conjointe et moi avons mis notre masque », a raconté ce Montréalais tout en remarquant qu’il y avait toutefois moins de gens sur la rue Saint-Jean qu’il y en avait l’été précédent.

Des dizaines de personnes arpentaient la rue Saint-Jean entre la rue Saint-Stanislas et la côte du Palais lorsque Le Devoir y est allé vendredi en fin d’après-midi, mais cette circulation était fluide. Deux jours auparavant, la rue était encore plus achalandée, à un point tel qu’il semblait difficile de se frayer un chemin tout en respectant une distanciation physique minimale.

« J’ai remarqué, mais sur la rue, c’est la responsabilité de tout un chacun de prendre les distances et les dispositions là-dessus », a indiqué Julien Hamel, le propriétaire de quatre restaurants dans le Vieux-Québec, dont Aux Trois Garçons qui est situé sur cette portion de la rue Saint-Jean. Dans son restaurant, le respect des règles sanitaires est « une préoccupation de tous les jours ».

Ses serveurs doivent soit porter la visière ou porter le masque et des lunettes de protection à l’intérieur comme sur la terrasse. « On remarque beaucoup de gens qui portent le masque même à l’extérieur, a-t-il ajouté. On voit la courtoisie entre les gens à ce niveau-là et il y a en a d’autres, on le sait assez rapidement si on veut se tasser, qu’il faut se tasser parce qu’il y en a pour qui la distanciation est moins importante. »

Le porte-parole de la Ville de Québec, David O’Brien, a rappelé que les rues piétonnes comme cette portion de la rue Saint-Jean ont été mises en place pour favoriser la distanciation physique. « Malgré le fort achalandage, la Ville ne constate pas de débordement de capacité pouvant occasionner des enjeux de santé pour les citoyens en mouvement qui circulent librement à pied, a-t-il noté dans un courriel. Il a ajouté que le Service de police de la Ville de Québec « continue à surveiller ces artères piétonnes et en profite pour faire des rappels de sensibilisation pour la distanciation sociale. »

Reste que le risque de transmission « semble faible » puisque dans ce cas les gens circulent à l’extérieur, selon le ministère de la Santé et des Services sociaux. « Les foules, les rassemblements, mais aussi les goulots d’étranglement lorsqu’il y a trop de personnes qui circulent dans un lieu peuvent constituer un risque de transmission de la COVID-19, a rappelé son porte-parole Robert Maranda. Le port du masque ou du couvre-visage réduit ce risque. Les autres mesures d’hygiène aussi. La COVID-19 a plus de risque de transmission lorsque le contact est proche et prolongé (15 minutes ou plus). » Le ministère recommande de porter un masque lorsqu’il est difficile de respecter la distanciation physique de deux mètres.

À la fin du mois de juin, la Santé publique de la Capitale-Nationale avait souligné que la région comptait seulement 3 % des cas et des décès recensés dans la province, alors qu’elle compte 10 % de la population du Québec. Le nombre de cas totaux depuis le début de la pandémie était de 1954 vendredi dont 1673 sont rétablis.

« Pour nous, c’est très, très important de demeurer une destination qui respecte les mesures sanitaires et qui est sécuritaire aussi pour les Québécois », a affirmé la porte-parole de l’Office du tourisme de Québec, Jenna Dubé. La dernière chose que les commerçants veulent est d’un nouveau foyer d’éclosion qui ferait fuir les touristes. Le taux d’occupation des hôtels de la région a beau avoir doublé depuis le début des vacances de la construction — il se situe maintenant entre 25 et 30 % —, il demeure toutefois faible comparativement aux étés précédents.  

164 nouveaux cas rapportés au Québec

Cent soixante-quatre nouveaux cas de COVID-19 sont rapportés vendredi au Québec, ce qui porte le nombre total de per-sonnes infectées à 59 312. Un nouveau décès a aussi été signalé, pour un total de 5674. Le nombre d’hospitalisations a diminué de 19, pour atteindre un cumul de 189. Parmi celles-ci,15 se trouvent aux soins intensifs, une diminution de trois. La Presse canadienne

À voir en vidéo


 
4 commentaires
  • Yolande Chagnon - Inscrite 1 août 2020 02 h 20

    VILLES OÙ LE PORT DU MASQUE EST OBLIGATOIRE À L'EXTÉRIEUR

    Alors que le la courbe est redevenue en pente ascendante ici comme en France, voici la liste à jour des villes de l'Hexagone où le port du masque est devenu obligatoire à l'extérieure soit complètement ou de façon modulée.

    https://urlz.fr/dz5x

    Pourquoi la rue Saint-Jean (et bien d'autres) ferait-elle exception ?

    Le laisser-aller est palpable.

    France : +1348 cas depuis 24 heures -- population : 67 millions

    Québec : +181 cas pour la même période. -- 8 millions

    Avc le même taux de contamination que le Québex, la France compterait 1516 nouveaux cas.

  • Benoit Samson - Abonné 1 août 2020 07 h 39

    Le laboratoire vivant de la ville de Québec

    Les villes de Banff et Halifax ainsi que plusieurs villes en Europe obligent le port du masque dans les endroits publics intérieurs et extérieurs à cause de l'achalandage estival qui cause des inquiétudes devant le non-respect de la distanciation sans la protection d'un couvre-visage à l'ére de la COVID-19
    Il semble que dans le vieux Québec les gens s'exposent à être contaminés en ne se couvrant pas le visage sur la rue St-Jean très achalandée.
    Les statisticiens pourront comparer avant la rentrée de septembre la différence de transmission entre les deux groupes qui respectent ou non le port d'un masque dans les endroits publics extérieurs. L'info man le fera s'ils ne le font pas dans une de ses émissions du Grand Laboratoire!
    Alors qu'il faut comprendre le ras de bol des confinés et l'attrait irrésistible d’une marche en plein air pendant notre court été il est difficile de concevoir que la majorité des promeneurs sur la rue St-Jean et ailleurs ne semblent pas connaître les solutions que la science nous enseigne contre la COVID-19.
    Les découvertes des scientistes au cours des derniers mois pour se protéger contre ce virus sont pourtant claires. Tant qu’un vaccin ou un traitement efficace ne sera pas trouvé avec les centaines de milliard de dollars investis dans la recherche à cet effet, tout individu peut se protéger et protéger les autres en investissant quelques sous pour s’acheter un couvre-visage et le porter quand la distanciation recommandée est impossible à respecter. C’est facile, peu dispendieux et efficace.
    Devant l’ignorance ou les objections d’une partie de la population à faire son petit effort pour aider les autres en respectant cette consigne dans les endroits publics achalandés, les autorités sanitaires doivent intervenir pour imposer des restrictions pour arrêter cette propagation inévitable sur la rue St-Jean et ailleurs par des porteurs silencieux qui déambulent insolemment au coude à coude sans protection pour eux ni pour les autres.

    • Jean Richard - Abonné 1 août 2020 11 h 31

      Il y a pourtant une meilleure solution : puisque la demande en espace piéton a augmenté, il faut augmenter l'offre. On ne l'a pas mentionné ici, mais cette fermeture, le soir seulement, n'affecte qu'environ 250 mètres de toute l'artère. C'est très peu. Il y a nombre de rues, y compris hors des murs, qui pourraient donner plus d'espaces aux piétons et aux lieux de rencontre extérieurs. Ça permettrait de mieux disperser la foule et faciliter la circulation autre qu'automobile sans promiscuité.

    • Benoit Samson - Abonné 1 août 2020 12 h 13

      Cette solution ressemble à ce que l'on a fait sur les plages de la Floride. Les résultats ne sont pas probants.
      Pourquoi tourner en rond autour de la solution évidente et efficace de porter un masque dans les endroits publics extérieurs ? Ce virus est une menace qui gagne contre nous quand on réagit a ses résultats néfastes plutôt que de prévenir ses ravages.
      Le gouvernement doit se servir de son autorité pour forcer les incrédules à agir responsablement.