Bientôt plus de bus en périphérie de Québec

Le projet inclut notamment le prolongement de l’offre en Métrobus vers la périphérie et l’ajout de parcours Express.
Photo: RTC Le projet inclut notamment le prolongement de l’offre en Métrobus vers la périphérie et l’ajout de parcours Express.

De Portneuf à l’Île d’Orléans, la périphérie de Québec pourrait, d’ici sept ans, être reliée au réseau structurant en vertu d’un plan ambitieux dévoilé vendredi.

En conférence de presse, le préfet de la MRC de Jacques-Cartier, Claude Lebel, a « averti » sa fille qu’elle n’aurait pas de voiture au cégep parce qu’elle n’en aurait pas besoin. « On va vous payer un voyage en Europe à toi et ton chum à la place », a-t-il lancé en riant.

Évalué à 144 millions de dollars, le projet, espère-t-on, pourra être financé par des subventions du gouvernement du Québec. Il consiste en une série de mesures incluant le prolongement de l’offre en Métrobus vers la périphérie, l’ajout de parcours Express, de voies réservées, l’utilisation d’accotement sur les autoroutes pour ajouter des voies ainsi que 200 places de plus en Parc-O-Bus.

À l’heure actuelle, les MRC environnantes ont, pour la plupart, des services de navettes qui relient leur territoire au centre-ville de Québec. Or en vertu du nouveau plan, ces services seraient plutôt reliés aux extrémités du réseau structurant sur de plus courtes distances. Les fonds ainsi libérés pourraient être réinvestis pour hausser la fréquence de leur service ou augmenter leur flotte.

En reliant la périphérie à son futur réseau, le RTC pense à terme pouvoir desservir une population de près d’1 million de personnes, en incluant Lévis. La ville de Lévis n’est toutefois pas concernée par ce projet puisqu’il est déjà prévu qu’elle soit reliée au réseau structurant via le pôle d’échange de Sainte-Foy et le futur troisième lien.

C’est dans la couronne nord où l’étalement urbain est marqué que l’impact pourrait être le plus manifeste.

À l’heure actuelle, seulement 18 % de la population vivant au nord de l’autoroute Félix-Leclerc est à moins de 800 mètres d’un service de bus fréquent. La Ville voudrait faire passer cette proportion à 38 %.

Le bus à la porte de la maison

Le Réseau de transport de la capitale (RTC) qui coordonne le projet ouvre aussi la porte à ce qu’on appelle le « transport à la demande » — sorte d’hybride entre le taxi et le transport en commun — qui pourra desservir les secteurs moins densément peuplés de la périphérie du territoire de Québec comme Val-Bélair ou le Lac-Saint-Charles.

Via une application, les gens pourraient demander un transport à destination d’un lieu dans les limites de la zone. Un véhicule pouvant accueillir six ou sept personnes les cueillerait à la maison avant de faire la même chose pour les autres passagers, le tout pour le coût d’un passage régulier.

Cette formule, qui cible uniquement le territoire de la ville de Québec, sera testée dans le cadre d’un projet-pilote à partir de 2021 dans trois zones précises.

L’administration Labeaume ne s’en cache pas : elle souhaite, avec ce plan, répliquer à une partie de la population qui juge que son projet de réseau structurant ne bénéficie pas aux banlieues plus éloignées.

« Jamais cette région n’aura eu de plan si complet de transport collectif », a déclaré Régis Labeaume.

Or, l’opposition à la Ville est quelque peu sceptique. « C’est une annonce avec beaucoup de contenu et peu de choses attachées », a déclaré le chef de Québec 21 Jean-François Gosselin qui est toutefois favorable à l’ajout de parcours express et de stationnements incitatifs.

Le transport sur demande risque aussi d’ajouter « une couche de compétition » à celle opposant déjà l’industrie du taxi à Uber, dit-il en parlant d’une « fausse bonne idée ».