La STM distribuera des masques à ses usagers

Des cloisons seront également installées progressivement dans tous les autobus, à côté du siège du conducteur, afin de mieux protéger les chauffeurs.
Photo: Valérian Mazataud Le Devoir Des cloisons seront également installées progressivement dans tous les autobus, à côté du siège du conducteur, afin de mieux protéger les chauffeurs.

La Société de transport de Montréal (STM) commandera 600 000 couvre-visages pour les distribuer aux passagers du transport collectif de la région de Montréal. Elle n’entend cependant pas rendre obligatoire le port du masque dans son réseau.

La STM a présenté vendredi matin le plan qu’elle mettra en place en vue du déconfinement de la métropole prévu pour le 25 mai. Elle a déjà mis en place plusieurs mesures, comme le nettoyage quotidien des surfaces dans ses autobus et dans le métro, l’installation de 125 distributeurs de gel désinfectant dans les stations de métro et l’embarquement par l’arrière dans ses autobus. Près d’une centaine de distributeurs supplémentaires feront leur apparition d’ici la mi-mai.

D’autres gestes seront posés au cours des prochaines semaines pour se préparer à un achalandage accru. Ainsi, la STM procédera à l’achat de 600 000 couvre-visages qui seront remis aux passagers de son réseau, mais également à ceux des sociétés de transport de Laval et de Longueuil, ainsi qu’aux usagers des trains d’Exo à compter de la fin du mois de mai. La STM s’approvisionnera de produits québécois, a-t-on assuré.

Le président du conseil d’administration de la STM, Philippe Schnobb, refuse toutefois de rendre le port du masque obligatoire comme cela se fait dans plusieurs villes du monde, dont Paris. « Si ça devient obligatoire, ça engendre toute une série de contrôles qui doivent être faits pour s’assurer que les gens le portent, a-t-il expliqué. Nos inspecteurs et les policiers ont autre chose à faire que de devenir la police du masque. On pense qu’il faut encourager très fortement les gens à porter le couvre-visage. Je crois qu’il y aura une pression sociale qui se développera. »

Des cloisons seront également installées progressivement dans tous les autobus, à côté du siège du conducteur, afin de mieux protéger les chauffeurs. Il ne s’agira pas de plexiglas, a toutefois précisé le directeur général de la STM, Luc Tremblay. « Il y a plusieurs types de matériaux qui sont étudiés. On ne pense pas que ce sera du plexiglas, mais ce sera quelque chose de similaire », a-t-il dit.

M. Tremblay a précisé que des premiers tests avaient été réalisés et que l’installation de ces cloisons débutera la semaine prochaine : « Vous comprendrez qu’avec une flotte de 2000 autobus, ça va prendre un certain temps. La perception va reprendre au fur et à mesure que les autobus seront convertis. »

La STM a aussi entrepris des discussions avec la Chambre de commerce du Montréal métropolitain (CCMM) pour faire en sorte que les employeurs puissent moduler les horaires des travailleurs et réduire l’achalandage aux heures de pointe. Quelque 400 employeurs ont été contactés jusqu’à maintenant pour élaborer une stratégie, a soutenu Philippe Schnobb. « Il faut que les horaires de travail soient étalés et que le télétravail soit maintenu dans la mesure du possible », a-t-il dit.

L’opposition à l’Hôtel de Ville reproche à la STM de semer la confusion concernant le port de masques. Le chef d’Ensemble Montréal, Lionel Perez, estime que les couvre-visages devraient être obligatoires. « D’un côté, la STM reconnaît que la distanciation physique n’est pas possible dans les autobus et le métro. De l’autre, elle refuse de rendre obligatoire le port du masque ou couvre-visage, une mesure efficace pour freiner la propagation de la COVID-19. Pour changer les habitudes de la population, il faut changer les règles de façon claire et non simplement “recommander” aux usagers de le faire », avance-t-il.

Une majorité d’usagers ne se couvrent pas le visage et comme les personnes asymptomatiques sont susceptibles de transmettre le virus, M. Perez dit craindre l’arrivée d’une deuxième vague de contamination.