Levée de boucliers contre le troisième lien au centre-ville de Québec

La députée solidaire de Taschereau, Catherine Dorion, a tenu une soirée de consultation publique dans sa circonscription du centre-ville de Québec, mercredi soir.
Photo: Francis Vachon Le Devoir La députée solidaire de Taschereau, Catherine Dorion, a tenu une soirée de consultation publique dans sa circonscription du centre-ville de Québec, mercredi soir.

La possibilité que le troisième lien émerge en plein coeur du quartier Saint-Roch à Québec suscite toutes sortes de réactions localement, d’autant plus que c’est à cet endroit que le futur tunnel déboucherait.

« Tout le monde trouvait ça assez absurde comme projet », a lancé Frédérique Lavoie, une résidente du quartier, lors d’une rencontre publique sur le sujet mercredi soir.

La députée de Taschereau, Catherine Dorion, avait invité la population de sa circonscription à exprimer ses « préoccupations liées à un troisième lien débouchant au centre-ville. »

La rencontre avait lieu au Club Social Victoria, emplacement qui n’avait rien d’anodin : la salle est située pile à l’emplacement appréhendé de la sortie du tunnel.

La petite salle d’une cinquantaine de personnes était pleine. L’invitation avait été lancée à tous les habitants des quartiers centraux et se présentait comme non partisane. Mme Lavoie, qui représentait le conseil de quartier Saint-Roch a dressé des parallèles avec la construction de l’autoroute Dufferin-Montmorency dans les années 1960 qui a laissé des cicatrices dans le secteur.

Certains ont mis de l’avant l’incidence des autoroutes sur la santé. « On espère que les questions de santé publique vont être mises de l’avant plutôt que la fluidité automobile », a déclaré le président du conseil de quartier de Limoilou, Raymond Poirier. Comme d’autres, il a rappelé qu’encore tout récemment, la Ville projetait plutôt de revitaliser le secteur pour en faire un boulevard urbain et réduire la place de l’automobile.

Rappelons que, fin janvier, le gouvernement caquiste a laissé circuler de nouveaux plans du troisième lien qui vise désormais à relier les centres-villes de Québec et de Lévis. Sur les dessins, le tunnel émerge à proximité de l’autoroute Laurentienne et du stade de baseball, à l’entrée du quartier Saint-Roch.

Plusieurs voix se sont élevées déjà pour dénoncer l’effet possible du projet sur le secteur, mais le ministre n’en a pas dit plus, répétant que « toutes les informations seront données en temps et lieu ».

Plus haut, mais où ?

Ces dernières semaines, le maire Régis Labeaume a laissé entendre que la sortie du tunnel pourrait peut-être se faire plus haut, vers le nord aux environs du Centre Vidéotron. Or, lors de la consultation, des citoyens des secteurs concernés ne semblaient pas en vouloir non plus.

« C’est pas pour nous ce projet-là, c’est pour les gens qui habitent loin », a déclaré une jeune résidente du quartier Lairet, plus au nord de Limoilou. « À Vanier, ça va être l’enfer aussi », a précisé Robert Bélanger qui travaille dans le coin.

S’il y avait des partisans du troisième lien dans la salle, ils ne se sont pas fait entendre. Une opposante au projet a toutefois dit qu’elle s’inquiétait de l’appui récolté par la nouvelle mouture du projet par rapport à l’ancienne qui le faisait passer plus à l’est.

« Cette opinion-là est assez forte, les gens ont confiance. J’ai peur qu’on se fasse avoir », a fait valoir Vicky Plourde, une « jeune maman » résidant tout près de la sortie pressentie pour le tunnel.

Priée de dire si les partisans du projet avaient leur place à la rencontre, la députée Dorion a rétorqué que tous étaient « les bienvenus », mais que l’événement ciblait les gens des quartiers centraux. Elle a aussi souligné que le projet était très impopulaire dans sa circonscription. « S’il y avait un député caquiste ici, il ne serait vraiment pas bien dans ses shorts », a-t-elle dit.