Une autre barricade érigée à Saint-Lambert

La barricade érigée sur les voies du CN, à Saint-Lambert, empêche le train de banlieue qui se rend à Mont-Saint-Hilaire d’effectuer son trajet. De même, les liaisons entre Montréal et Québec ont été suspendues au moins jusqu’à vendredi.
Photo: Jacques Nadeau Le Devoir La barricade érigée sur les voies du CN, à Saint-Lambert, empêche le train de banlieue qui se rend à Mont-Saint-Hilaire d’effectuer son trajet. De même, les liaisons entre Montréal et Québec ont été suspendues au moins jusqu’à vendredi.

Malgré la ligne dure évoquée par François Legault contre les manifestants qui maintiennent des blocages de voies ferrées, une nouvelle barricade a été érigée sur la Rive-Sud (Montréal) mercredi, en solidarité avec les membres de la Première Nation des Wet’suwet’en. Le blocus a provoqué un arrêt de service du train de banlieue et de ceux de VIA Rail entre Montréal et Québec.

En fin de journée mercredi, quelques dizaines de manifestants autochtones et non autochtones avaient érigé un campement sur une voie ferrée située sur le territoire de Saint-Lambert, un point névralgique pour le transport ferroviaire de passagers et de marchandises sur la Rive-Sud.

Au moment où ces lignes étaient écrites, en soirée mercredi, aucune intervention policière n’était toutefois en cours ou annoncée, selon ce qu’a indiqué le Service de police de Longueuil, qui était assisté sur les lieux par la Sûreté du Québec. Du côté du CN et du gouvernement Legault, on n’a pas non plus précisé quelle pourrait être la suite des choses pour la journée de vendredi.

Chose certaine, les manifestants étaient déterminés à maintenir leur campement. Selon ce que nous avons pu constater sur place, les participants à ce nouveau blocage avaient prévu le nécessaire pour maintenir leur campement. Ils avaient de la nourriture, de l’eau et du bois pour alimenter leur feu de camp. « Nous allons bloquer les rails jusqu’à ce que la GRC se retire des territoires des Wet’suwet’en », a d’ailleurs fait valoir une manifestante présente sur place, Jessica Robert.

« C’est inacceptable ce qui se passe en Colombie-Britannique présentement. Le gouvernement du Canada n’a pas la légitimité pour décider de ce qui passe sur le territoire des Wet’suwet’en et beaucoup de personnes, partout à travers le pays, les appuient. L’appui dépasse les réserves autochtones », a expliqué au Devoir un des participants au blocus, sans vouloir se nommer.

Les quelques manifestants qui ont accepté de s’adresser aux médias ont tous dit être prêts à maintenir la barricade de Saint-Lambert jusqu’à ce que le gouvernement Trudeau ordonne aux policiers de la Gendarmerie royale canadienne de quitter le territoire des Wet’suwet’en, une nation autochtone de l’ouest du pays qui s’oppose au projet Coastal Gaslink. Ce projet doit permettre de transporter, en vue de son exportation, du gaz naturel qui serait liquéfié dans une usine située sur la côte Pacifique.

Les manifestants rencontrés ont du même coup dénoncé les propos tenus mercredi par le premier ministre François Legault, qui a évoqué une « intervention policière » pour mettre un terme aux différents blocages ferroviaires à travers le pays, dont celui de Kahnawake.

« Ce que j’ai entendu du premier ministre, c’est une prise de position en faveur des travailleurs qui écopent à cause des blocages, mais il semble surtout perdre patience. Ça ne ressemble pas à une posture favorable à la négociation. Ça sonne comme un ultimatum », a déploré Andon Ben, venu sur place pour « appuyer » les revendications autochtones.


Les passagers du train
 

Ce nouveau blocage ferroviaire en sol québécois a compliqué un peu plus les choses pour le transport ferroviaire. L’entreprise Exo a dû interrompre le service de trains de banlieue entre Mont-Saint-Hilaire et Montréal, qui emprunte cette voie du CN. L’organisme de transports collectifs avait déjà dû interrompre la circulation des trains de banlieue entre Candiac et Montréal le 10 février, en raison d’un semblable blocage des voies à Kahnawake. L’entreprise a prévu des mesures pour permettre aux usagers de voyager en autobus.

Du côté de chez Via Rail, on a annoncé en soirée la suspension du service de trains entre Montréal et Québec, et ce, au moins jusqu’en « fin de journée » vendredi. En raison des différents blocages au pays, Via Rail a annoncé quelque 1000 mises à pied temporaires.

Ailleurs au pays, la tension est montée mercredi en Alberta, dans la région d’Edmonton, où des contre-manifestants ont partiellement démantelé une barricade. Un juge a par ailleurs émis une injonction, à la demande du CN, afin d’interdire les blocages sur les voies ferrées de la compagnie pour une période de 30 jours.