Grève aux aéroports de Montréal: incertitude quant à la reprise des négociations

Les machinistes de Swissport Canada ont déclenché la grève mardi à 11h, quelques jours après avoir rejeté une entente de principe.
Photo: Graham Hughes La Presse canadienne Les machinistes de Swissport Canada ont déclenché la grève mardi à 11h, quelques jours après avoir rejeté une entente de principe.

L’incertitude planait mercredi quant à la reprise jeudi des négociations entre Swissport Canada et le syndicat représentant les employés responsables du ravitaillement des avions aux aéroports de Montréal, après une deuxième journée de grève.

Un porte-parole du syndicat, Michel Richer, a déclaré que les deux parties avaient convenu de se rencontrer jeudi à partir de 10 h. Dans l’intervalle, les grévistes sont retournés sur les lignes de piquetage à l’aéroport Pierre-Elliott-Trudeau à 14 h.

« On reste en grève tant et aussi longtemps qu’on n’aura pas de contrat », a-t-il déclaré mercredi matin lors d’une entrevue téléphonique.

Une firme de relations publiques travaillant pour le compte de l’employeur a néanmoins indiqué que seul le syndicat avait été convoqué par le médiateur et que l’entreprise attendait de savoir si elle serait également convoquée à une rencontre.

Environ 100 employés de Swissport Canada, le seul fournisseur de carburant pour les transporteurs aériens à l’aéroport Montréal-Trudeau et à l’aéroport de Mirabel, ont déclenché la grève mardi à 11 h, quelques jours après avoir rejeté une entente de principe.

Plus tard mardi, le Conseil canadien des relations industrielles a autorisé les travailleurs à poursuivre leur grève, mais a ordonné à leur syndicat de retourner immédiatement à la table des négociations.

Dans un communiqué, Swissport Canada a déclaré qu’il avait invité l’autre partie à une rencontre « dès que possible » pour reprendre les discussions. Le syndicat a confirmé avoir reçu une lettre mercredi matin.

Pas de retards dans les vols

L’entreprise a réussi à maintenir le service de ravitaillement en carburant dans les deux aéroports en ayant recours à une équipe de gestionnaires formés qui proviennent de partout au pays et a soutenu qu’il n’y avait eu aucun retard de vol en raison de la grève.

« Dès 11 h hier, notre équipe a entrepris les activités de ravitaillement à YUL et YMX et nous pouvons confirmer que les opérations se sont poursuivies sans délai ni incident », a indiqué Swissport dans un communiqué mercredi matin.

Bien que quelques vols aient accusé un retard à l’aéroport Montréal-Trudeau, les autorités aéroportuaires ont précisé qu’ils étaient attribuables aux conditions météorologiques des derniers jours et non à la grève.

Les salaires et l’équilibre entre vie professionnelle et vie privée sont les principaux éléments en litige entre Swissport et ses employés de la région de Montréal, sans contrat de travail depuis le mois d’août.

Les employés de Swissport ont rejeté, vendredi, une entente de principe dans une proportion de 90 %.

Swissport s’est plaint mardi au Conseil canadien des relations industrielles (CCRI), en accusant le syndicat d’avoir négocié de mauvaise foi et en demandant au tribunal de suspendre le droit de grève des syndiqués. Le CCRI a décidé que le syndicat pouvait poursuivre sa grève, mais lui a ordonné de reprendre immédiatement les négociations.

Selon la décision du tribunal du travail, l’entente de principe comprenait une disposition selon laquelle le syndicat recommanderait à ses membres de voter en sa faveur.

Le conseil a noté que le syndicat n’avait pas informé Swissport du résultat du vote. Au lieu de cela, le syndicat a donné à l’entreprise un préavis de grève de 72 heures avant de formuler de nouvelles demandes dont le coût est estimé à plus du double de ce qui avait été convenu dans l’entente de principe.

Le conseil a ordonné au syndicat de laisser tomber ces nouvelles demandes pour la suite des pourparlers.