Car2go disparaîtra du paysage montréalais

Car2Go a indiqué que sa décision s’appuyait sur deux éléments, soit le manque de stabilité dans le domaine de la mobilité et la complexité des infrastructures requises en matière de transport en Amérique du Nord.
Photo: Pedro Ruiz Archives Le Devoir Car2Go a indiqué que sa décision s’appuyait sur deux éléments, soit le manque de stabilité dans le domaine de la mobilité et la complexité des infrastructures requises en matière de transport en Amérique du Nord.

Le service d’autopartage Car2go se retirera du marché montréalais et nord-américain à compter du 29 février 2020 pour concentrer ses activités en Europe, a annoncé mercredi la société Share Now.

L’entreprise a indiqué que sa décision s’appuyait sur deux éléments, soit l’état volatil du marché de la mobilité en Amérique du Nord et le manque d’infrastructures pour les nouvelles technologies, notamment en ce qui a trait aux voitures électriques.

Share Now mettra aussi fin à ses activités à Bruxelles, à Londres et à Florence. Elle maintiendra ses activités dans 18 villes européennes.

Au cours des derniers mois, des signes avant-coureurs laissaient entrevoir un repli de l’entreprise en sol nord-américain. En octobre dernier, Share Now avait fait savoir qu’elle quitterait les villes d’Austin, de Denver, de Portland et de Calgary. Chicago devait aussi perdre le service au 31 décembre. L’entreprise invoquait alors le taux de possession élevé de voitures dans ces villes.

L’année précédente, elle avait mis fin à ses activités à Toronto, montrant du doigt la réglementation trop restrictive imposée par la Ville.

Au Canada, le service de Car2go était aussi offert à Vancouver.

Au bureau montréalais de Car2go, les employés ont appris la nouvelle en même temps que le public, par l’entremise de la déclaration publiée par Share Now, la société née en février dernier de la fusion de Car2go et de DriveNow.

La décision de Share Now de se retirer du marché nord-américain n’étonne pas Marco Viviani, vice-président, développement stratégique chez Communauto. « Le modèle, tel qu’il était conçu, n’était pas rentable. Et ils avaient fermé cinq villes sur dix en Amérique du Nord dans les derniers mois. Quand tu coupes la moitié de ta présence sur un continent, c’est un signal fort », a-t-il expliqué.

Communauto envisage d’ajouter de 300 à 400 voitures à sa flotte.

M. Viviavi souligne toutefois que Car2go a joué un rôle important dans le développement du service de voitures en libre-service auprès du grand public, non seulement à Montréal, mais aussi ailleurs en Amérique du Nord.

Déception

L’an dernier, Car2go s’était plaint des tarifs élevés de stationnement à Montréal, affirmant que les vignettes résidentielles étaient parmi les plus élevées en Amérique du Nord, rapportait le journal Métro. Pourtant, à son arrivée au pouvoir, l’administration de la mairesse Valérie Plante avait autorisé l’autopartage dans de nouveaux arrondissements et réduit les tarifs pour les véhicules électriques. Mais ces mesures demeuraient insuffisantes pour Car2go.

Au cabinet de la mairesse Plante mercredi, l’annonce du départ de Car2go a été accueillie avec déception.

« Nous sommes déçus de cette décision, car nous croyons beaucoup au système de l’autopartage », a-t-on indiqué. « Soulignons que cette décision est prise pour l’ensemble du territoire nord-américain et non spécifiquement pour Montréal. Il faudra continuer à être innovant pour minimiser la dépendance à l’auto solo et ainsi diminuer nos émissions de gaz à effet de serre. »