Nouvelle direction à la Grande Roue de Montréal

La Grande Roue de Montréal, dans le Vieux-Port, est devenue lundi l’entière propriété d’une entreprise néerlandaise.
Photo: Valérian Mazataud Le Devoir La Grande Roue de Montréal, dans le Vieux-Port, est devenue lundi l’entière propriété d’une entreprise néerlandaise.

Après avoir fait les grands titres en raison de déboires judiciaires et de liens allégués avec le crime organisé, la Grande Roue de Montréal, dans le Vieux-Port, est devenue lundi l’entière propriété d’une entreprise néerlandaise, qui mettra sur pied une toute nouvelle équipe de direction.

Sandibe Global B.V., qui possédait déjà une partie de l’attraction, a acheté la part minoritaire détenue par l’homme d’affaires Niels Jorgensen, a annoncé le président-directeur général de l’entreprise, Henk Addink. Elle acquiert ainsi le plein contrôle et la propriété exclusive de la Grande Roue.

« Par cette transaction, M. Niels Jorgensen quitte ses fonctions de président, secrétaire et trésorier de Les Holdings La Grande Roue de Montréal inc. et quitte la compagnie à la date du transfert de propriété », est-il écrit dans un communiqué.

Un porte-parole délégué par l’entreprise, Mathieu Filion, de la firme de relations publiques Mercure Conseil, confirme que la transaction, dont le montant n’est pas dévoilé, s’est conclue lundi.

M. Addink chapeautera une nouvelle équipe de direction, dont le changement entraînera la fermeture de la Grande Roue jusqu’à mercredi, inclusivement. Par la suite, les activités de l’attraction érigée en 2017 dans le cadre des festivités du 375e anniversaire de Montréal reprendront normalement.

Seule l’équipe de direction, qui comportait huit personnes, sera changée. Les employés qui travaillaient pour la Grande Roue conserveront tous leur poste, confirme M. Filion.

« Ils ont été rencontrés aujourd’hui pour se faire expliquer la situation », ajoute-t-il.

Controverses

Depuis son ouverture, la Grande Roue de Montréal avait fait plusieurs fois les manchettes en raison de déboires en justice et de liens allégués avec le crime organisé. Au bout du fil, M. Filion confirme que la transaction de lundi est due à une « série de raisons et, effectivement, ça en fait partie ».

Dans une décision rendue en avril dernier, le tribunal de la Régie des alcools, des courses et des jeux avait rejeté la demande des promoteurs de pouvoir vendre de l’alcool dans ses restaurants, une requête à laquelle s’opposait également le Service de police de la Ville de Montréal.

Le corps policier était hostile à l’octroi d’un tel permis à la suite d’une enquête où « aucune collaboration n’a été offerte, et qui révèle l’implication directe d’un proche du crime organisé traditionnel italien dans le projet, son lourd passé criminel, de même que des liens entre ce dernier » et les activités liées à la Grande Roue.

Un mois plus tôt, Québec avait confirmé qu’une poursuite judiciaire était engagée à l’endroit des promoteurs de la Grande Roue, qu’il accusait d’avoir enfreint les règles de la Loi sur le patrimoine culturel pour l’installation du site dans le parc du Bassin-Bonsecours sans obtenir les autorisations préalables de l’État.

Invitée à réagir à l’annonce, la Ville de Montréal a déclaré ne pas souhaiter émettre de commentaire. Au moment où ces lignes étaient écrites, la Société du Vieux-Port de Montréal n’avait pas encore répondu au Devoir.