Appel à un plus grand respect des passages piétons à Montréal

Le rassemblement pour réclamer une meilleure sécurité piétonnière s’est tenu au coin de la rue Hutchison et du boulevard Saint-Joseph, au lieu même où un garçon de trois ans a été happé par un véhicule le 6 décembre dernier.
Photo: Valérian Mazataud Le Devoir Le rassemblement pour réclamer une meilleure sécurité piétonnière s’est tenu au coin de la rue Hutchison et du boulevard Saint-Joseph, au lieu même où un garçon de trois ans a été happé par un véhicule le 6 décembre dernier.

Une cinquantaine de personnes se sont réunies à Montréal, dimanche, lors d’un rassemblement pour réclamer le respect des passages piétons par les automobilistes.

« Il y a eu 22 décès de piétons dans les rues de Montréal cette année. Pour vous donner une comparaison, il y a 20 homicides [pendant la même période]. Donc il y a eu plus de décès de piétons que d’homicides dans l’île de Montréal », a illustré en point de presse l’un des organisateurs de l’événement, Nicolas Vézeau. « De telles tragédies, on ne veut plus en vivre », a-t-il laissé tomber.

Le rassemblement s’est tenu au coin de la rue Hutchison et du boulevard Saint-Joseph, au lieu même où un garçon de trois ans a été happé par un véhicule le 6 décembre dernier. Selon un porte-parole du Service de police de la Ville de Montréal (SPVM), l’enfant repose toujours à l’hôpital, dans un état stable.

« Il y a quand même quelque chose de particulier au Québec, c’est qu’on a de la difficulté à respecter les passages pour piétons. C’est une culture, autour de nous, ça se fait », a renchéri le Dr Alain Vadeboncoeur, qui est à l’origine d’une pétition interpellant le ministre des Transports, François Bonnardel, ayant récolté plus de 10 000 signatures.

Le texte demande notamment au SPVM de faire davantage appliquer l’article 410 du Code de la sécurité routière relatif aux passages pour piétons. Le document réclame également que cesse la culpabilisation envers les piétons et les cyclistes victimes d’accidents, ainsi qu’un changement de comportement de la part des automobilistes. Des hausses des montants des contraventions, de 100 à 300 $, de même que l’attribution de trois points d’inaptitude en cas de non-respect des priorités aux piétons sont aussi exigées.

Le Dr Vadeboncoeur a annoncé avoir parlé au ministre Bonnardel, qui « semble montrer une certaine ouverture » à cet enjeu. Une rencontre entre les deux hommes est d’ailleurs prévue en janvier, à une date encore indéterminée. « S’il y a une ouverture, une écoute, c’est déjà un point en avant », dit le Dr Vadeboncoeur. « Le noeud de la guerre, c’est vraiment le ministre Bonnardel et le gouvernement pour que le Code soit modifié. », ajoute-t-il.

Dissuasion

Claudine Sauvadet est bénévole pour la Coalition Vélo Montréal et l’Association des piétons et cyclistes du Plateau-Mont-Royal. Signataire de la pétition, elle estime que des pénalités plus lourdes pour les automobilistes contrevenants pourraient contribuer à en dissuader plusieurs de ne pas respecter les règles. « Il faut aller dans ce sens-là, malheureusement, parce que le gros bon sens n’a pas l’air de suffire », souligne-t-elle.

Pour Anne Jarry, une personne malvoyante qui a pris part au rassemblement en compagnie de son frère, il y a davantage à faire pour rendre les routes plus sécuritaires. « Il faut qu’il y ait des signaux sonores qui permettent d’avertir autant les voyants que les non-voyants […] qu’il y a présence d’obstacles ou d’éléments dangereux dans les rues », plaide celle qui est membre bénévole du conseil d’administration du Regroupement des aveugles et amblyopes du Montréal métropolitain.

Contacté par Le Devoir, un porte-parole du SPVM, Raphaël Bergeron, n’a pas été en mesure de confirmer si le corps policier montréalais allait appliquer davantage l’article 410 du Code de la sécurité routière.

Un porte-parole du ministre des Transports répond quant à lui que M. Bonnardel est « préoccupé » par la sécurité routière et « particulièrement » celle des usagers vulnérables.

Dans un courriel au Devoir, il précise que la Société de l’assurance automobile du Québec continuera de mener des campagnes de sensibilisation pour faire connaître la réforme du Code de la sécurité routière datant de mai 2018. « Le changement des comportements demande du temps et nous allons poursuivre notre travail en ce sens », écrit-il, sans fournir plus de détails.

5 commentaires
  • Pierre Boucher - Inscrit 16 décembre 2019 06 h 00

    Noir sur noir

    Il fait nuit, il pleut, l'éclairage est déficient, les panneaux de rue sont quasi invisibles, je cherche une rue presque à tâton, le fond de l'air est noir, le piéton, comme le cycliste est tout noir. La faute n'est pas toujours au piéton, ni à l'auto.
    À Montréal, le service de signalisation se pogne le beigne depuis des lustres.

    • Alain Roy - Abonné 16 décembre 2019 07 h 45

      En plein jour, un enfant fut heurté par un VUS, c'est ça l'histoire ici. Cessez de chercher des excuses, ralentissez quand les conditions sont médiocres pour conduire en SÉCURITÉ!

    • Louise Collette - Abonnée 16 décembre 2019 08 h 22

      Vous avez bien raison !!!
      Si on améliorait tout ça il y aurait moins de morts et de blessés.

  • Denis Paquette - Abonné 16 décembre 2019 08 h 19

    un manque de civisme qui devrait être mieux puni

    il serait temps que les passages piétonniers soient mieux respectés, les pietons ne sont pas des gens que l'on peut écraser selon sa bonne volonté, . la viellesse est une condition que nous connaitrons tous, ne pas en tenir compte,est un manque de civisme

  • Yvon Bureau - Abonné 16 décembre 2019 21 h 21

    Oui au plus grand respect des piétons ET,

    piéton et cycliste, je me rends le plus VISIBLE possible. Foulards et chapeau-tuques fluo. Réflecteurs. Lumières