Un métro serait «surdimensionné» pour Québec, conclut une étude

Depuis l’abandon du projet de SRB, la Ville de Québec n’a jamais sérieusement considéré d’autres options que le tramway dans son projet de réseau structurant.
Photo: Ville de Québec Depuis l’abandon du projet de SRB, la Ville de Québec n’a jamais sérieusement considéré d’autres options que le tramway dans son projet de réseau structurant.

Une étude commandée par la Ville de Québec conclut qu’un métro serait « surdimensionné » pour la capitale, et qu’il coûterait beaucoup plus cher qu’un tramway.

Les deux systèmes seraient réalisables, concluent les auteurs de l’étude de la firme Systra Canada. Or, « du point de vue de l’achalandage estimé à long terme sur le corridor d’étude, le système métro souterrain reste surdimensionné par rapport au tramway », écrivent-ils.

Les documents présentés jeudi montrent en outre qu’un projet de métro coûterait de quatre à cinq fois plus cher qu’un tramway.

L’étude avait aussi pour mandat d’évaluer les systèmes de monorail et de train léger, mais ces derniers ont finalement été exclus en raison des difficultés d’insertion d’un train léger dans le corridor urbain de Québec et de l’incertitude quant à la fiabilité d’un monorail l’hiver.

Depuis l’abandon du projet de service rapide par bus (SRB), la Ville de Québec n’a jamais sérieusement considéré d’autres options que le tramway dans son projet de réseau structurant.

Or, le ministère de l’Environnement l’avait obligée à commander une étude le comparant à d’autres modes de transport pour des raisons d’acceptabilité sociale. Cette étude sera incluse dans l’étude d’impact que la Ville doit bientôt déposer au ministère.

Lors de la consultation ministérielle des derniers mois, des dizaines de citoyens avaient demandé qu’on étudie aussi ces scénarios.

Le chef de l’opposition à la Ville de Québec, Jean-François Gosselin, et le collectif citoyen « J’y vais en métro » ont notamment milité activement pour que ce scénario soit au moins étudié.

Une étude « incomplète »

Or, l’opposition est loin d’être satisfaite de cette étude, qu’elle juge « incomplète ». Le document, déplore le chef de l’opposition, Jean-François Gosselin, décrit divers projets de transports dans le monde sans aborder les « spécificités » de la Ville de Québec.

Un point de vue partagé en partie par le conseiller de Démocratie Québec Jean Rousseau, qui est pourtant un partisan du projet de tramway. Déplorant l’absence « d’éléments propres » à la ville de Québec, le conseiller a aussi reproché à l’administration Labeaume sa « désinvolture » dans ce dossier.

Le chef de Québec 21 a aussi mis en doute l’indépendance et la « crédibilité » de la firme Systra, qui a un autre contrat de 12,5 millions de dollars de la Ville de Québec pour « l’accompagner » dans la conception du projet de tramway.

Appréhendant ces critiques, la Ville avait aussi mandaté deux experts indépendants de HEC pour valider l’étude, mais cela n’a pas suffi à convaincre l’équipe de M. Gosselin.

250 millions de plus

La Ville s’est de plus placée dans l’embarras jeudi lors du dévoilement de l’étude en modifiant à la dernière minute l’évaluation des coûts du projet sur son site Web après que Le Journal de Québec eut constaté un écart entre les chiffres officiels et ceux de Systra.

Sur son site Internet, la Ville avançait que la portion tramway coûtait 2 milliards, alors que Systra — qui avait eu accès aux données les plus récentes du bureau de projet — parlait plutôt de 2,25 milliards.

Interrogé à ce propos, le vice-président du comité exécutif Rémy Normand a demandé au journaliste d’arrêter de « gosser sur des petites affaires ».