Seulement une partie des rails du REM recouverts à Mont-Royal

Cette nouvelle place publique — qui unifiera le centre-ville de Mont-Royal — permettra d’éliminer le projet de passerelle prévu initialement dans le projet du REM afin d’enjamber les rails.
Photo: Ville de Mont-Royal Cette nouvelle place publique — qui unifiera le centre-ville de Mont-Royal — permettra d’éliminer le projet de passerelle prévu initialement dans le projet du REM afin d’enjamber les rails.

Inquiète du bruit, la Ville de Mont-Royal — qui sera traversée quotidiennement dès 2022 par 550 trains du Réseau express métropolitain (REM) — réclamait le recouvrement complet du kilomètre et demi de voies ferrées à ciel ouvert qui sillonnera son territoire. Elle aura finalement obtenu gain de cause… pour 150 mètres.

En point de presse lundi, CDPQ Infra — la filiale de la Caisse de dépôt et placement du Québec responsable du REM — et la Ville de Mont-Royal annonçaient conjointement la création d’une place publique près de la station Mont-Royal et le recouvrement des rails entre les ponts Graham et Cornwall.

« Clairement, on n’est pas là [pour la demande du recouvrement complet], convient le maire de Mont-Royal, Philippe Roy. Mais on se réjouit de savoir que la partie la plus centrale de la ville — les 150 mètres en question — sera recouverte. »

L’entente est le fruit « de longs mois de négociation ». CDPQ Infra accepte de céder ses droits aériens pour l’espace situé entre les deux ponts et y construira une dalle-parc. La municipalité hérite de la responsabilité d’habiller cette dalle et d’y créer une place publique. Un processus de consultation sera lancé auprès des citoyens pour déterminer comment s’articulera ce nouvel espace.

Du même souffle, cette nouvelle place publique — qui unifiera le centre-ville de Mont-Royal — permettra d’éliminer le projet de passerelle prévu initialement dans le projet du REM afin d’enjamber les rails. « Cette passerelle-là, clairement, ne faisait pas l’unanimité dans la communauté », a admis Harout Chitilian, directeur général affaires corporatives et développement pour CDPQ Infra.

« C’était une monstruosité, une structure de béton de 12 mètres de haut, c’était horrible », a fait remarquer le maire Roy en entrevue. « Il y avait un problème d’acceptabilité sociale. »

Pour mener à bien le projet, la Ville de Mont-Royal déboursera 6,5 millions de dollars. CDPQ Infra ne bonifiera pas son investissement total de 6,3 milliards pour l’entièreté du REM. Harout Chitilian estime que les sommes nécessaires pour le projet de Mont-Royal pourront être dégagées en « faisant des aménagements à l’intérieur du projet ».

Un métro à ciel ouvert

Ce recouvrement bien partiel des rails à Mont-Royal ne calme pas les inquiétudes relatives au bruit qui sera occasionné par le passage des trains légers sur rail. « C’est comme un métro à ciel ouvert. […] Les citoyens demeurent préoccupés », souligne Philippe Roy.

Environ 61 trains de banlieue traversent actuellement la municipalité. Ce chiffre grimpera à 550 lors de l’entrée en service du REM à Mont-Royal en 2022. Aux heures de pointe, des trains circuleront toutes les deux minutes ; pendant le reste de la journée, toutes les cinq minutes. Le REM desservira Montréal et ses banlieues 7 jours par semaine, 20 heures par jour. Selon la Ville de Mont-Royal, le tronçon qui traverse la municipalité est l’un des plus densément peuplés du réseau.

Aucune étude n’a encore été réalisée afin de déterminer le niveau de nuisance sonore qui sera généré par les trains électriques automatisés du REM.

« Les voitures sont en train d’être construites dans les usines et les paramètres de fonctionnement des voitures n’ont été connus que tout récemment », explique Harout Chitilian. Une fois l’ensemble de ces données connues, elles seront intégrées à un système de modélisation informatique afin d’estimer le niveau de bruit. « Et on est en train de construire des rails sur la Rive-Sud pour créer un banc d’essai réel où on va tester tout ça. »

« Ensuite, on va voir dans quelles communautés il y aura des impacts et il y aura des ajustements supplémentaires », assure M. Chitilian.

Le maire Roy ne ferme pas la porte à un recouvrement complet des rails à Mont-Royal, mais dans un avenir plus lointain. « On comprend que pendant les travaux du REM ça ne se fera pas. Mais peut-être que les administrations suivantes vont trouver une façon de les recouvrir une fois que ce sera construit. »