Les opposants au projet d’aérodrome veulent maintenir la pression

L’aérodrome projeté à Saint-Roch-de-l’Achigan serait construit sur des terres agricoles en bordure de l’autoroute 25.
Photo: Valérian Mazataud Le Devoir L’aérodrome projeté à Saint-Roch-de-l’Achigan serait construit sur des terres agricoles en bordure de l’autoroute 25.

Au lendemain d’un vote massif contre la construction d’un aérodrome à Saint-Roch-de-l’Achigan, les opposants au projet entendent continuer à faire pression sur le ministre fédéral des Transports, Marc Garneau, pour qu’il ne lui donne pas son aval.

En entrevue au Devoir, le porte-parole du groupe « Coalition SRA », Sébastien Marcil, a annoncé que son organisation allait ajouter de nouvelles bannières avec le résultat du vote référendaire, aux côtés de celles qui existent déjà en bordure de l’autoroute 25. « Maintenant que le résultat est fait, il faut le diffuser, que ce soit su qu’il y a 96 % des gens qui s’opposent », martèle-t-il.

 

Le propriétaire du Camping Horizon, Alexandre Caron, est également réfractaire à la construction d’un aérodrome. Il a expliqué être prêt à rendre des locaux de son site disponibles pour d’éventuelles rencontres de la Coalition SRA, au besoin.

« On va continuer à faire de la pression, à mettre nos bannières. C’est de faire entendre notre voix comme communauté au plus large public possible et de démontrer qu’on n’en veut pas [de l’aérodrome] », a-t-il déclaré.

Photo: Valérian Mazataud Le Devoir De nombreuses maisons arborent des panneaux en opposition au projet.

Dimanche soir, les citoyens de Saint-Roch-de-l’Achigan ont été 96 % à voter contre le transfert de l’aérodrome de Mascouche dans leur municipalité. Ils étaient 52 % d’entre eux à exercer leur droit de vote.

Selon le maire de cette municipalité dans Lanaudière, Yves Prud’homme, le taux de participation au référendum est « supérieur » à celui d’une élection municipale ou provinciale, à Saint-Roch. « Il y a plus que la moitié des gens qui ont exercé leur droit de vote », soutient-il, ajoutant que le résultat est « très clair ».

M. Caron abonde dans ce sens. « On voulait démontrer que ce n’était pas une minorité qui était contre ça, surtout dans une période estivale où il y a beaucoup de gens en vacances, dit-il. On a été capables d’aller en chercher plus que la moitié de la population pour démontrer que ce n’est pas un projet qu’on veut à Saint-Roch ».

Le maire Prud’homme entend soumettre au ministre « toutes les incohérences » décelées dans le projet d’aérodrome. « Il y a beaucoup d’impacts qui n’ont pas été analysés par les promoteurs », dénonce-t-il.

Je peux vous assurer que nous suivons ce dossier de très près et je suis conscient des préoccupations des citoyens

Le maire souhaite également démontrer que le projet va « à l’encontre de l’intérêt public ». « Il va y avoir des effets en zone agricole. Il va y avoir des effets sur les producteurs maraîchers, sur les producteurs agricoles qui ont des animaux », soutient-il.

D’après M. Marcil, l’attitude du promoteur face aux citoyens a également eu un effet sur le résultat du référendum. « Depuis le début, le promoteur se comporte de façon cavalière comme si la primauté fédérale le soustrayait à toutes sortes de conciliation, d’écoute à l’endroit des citoyens », dénonce-t-il. Il ajoute que le promoteur du projet « récolte aujourd’hui ce qu’il a semé ».

La décision du ministre

En conférence de presse, lundi, le ministre Garneau a déclaré que le résultat du référendum « ne tranche pas définitivement » la décision que prendra son gouvernement. Il a toutefois ajouté que cela fera partie des facteurs qui seront considérés. « Je peux vous assurer que nous suivons ce dossier de très près et je suis conscient des préoccupations des citoyens », a-t-il également dit dans une déclaration transmise à La Presse canadienne.

« Si le ministre Garneau en arrive à la conclusion que 3 % d’appui à un projet, c’est suffisant pour le rentrer dans la gorge des citoyens, il y a des élections qui s’en viennent au fédéral cet automne et on va savoir quoi voter », prévient quant à lui M. Marcil.

Contacté par Le Devoir, Gilles Lambert, qui fait partie de l’équipe des promoteurs du projet d’aérodrome, a indiqué qu’Aérodrome SRA réservait ses commentaires pour le ministre Garneau.

Avec La Presse canadienne