Un projet domiciliaire soulève l’ire à Saint-Sauveur

Des personnalités, dont l’architecte Roger Taillibert, s’opposent avec une cinquantaine de résidents du secteur, à un projet de constructions de maisons jumelées.
Photo: Graham Hughes La Presse canadienne Des personnalités, dont l’architecte Roger Taillibert, s’opposent avec une cinquantaine de résidents du secteur, à un projet de constructions de maisons jumelées.

Des citoyens de Saint-Sauveur qui vivent à proximité d’un nouveau projet domiciliaire dénoncent le laisser-faire de la municipalité des Laurentides en matière d’urbanisme et de préservation du patrimoine.

Des personnalités comme la chanteuse Marjo, l’architecte Roger Taillibert et l’artiste de variété Michelle Richard s’opposent tous, conjointement avec une cinquantaine de résidents du secteur, à un projet de constructions de maisons jumelées du promoteur Landco. Ils déplorent tout autant la forme des constructions projetées que le fait de n’avoir pas été informés suffisamment par la municipalité à ce propos.

Ces signataires cautionnent une lettre ouverte rédigée par Pierre Schneider, un des cofondateurs du Front de libération du Québec en 1963 qui a mené par la suite une carrière de journaliste. Cette lettre pétition doit être déposée au prochain conseil municipal, a expliqué au Devoir M. Schneider.

Joint par Le Devoir, le directeur général de la Ville, Jean Beaulieu, objecte que tout est conforme aux règlements de la Ville. « Moi aussi, ça me dérangerait peut-être si un terrain qui a toujours été vacant était soudain construit à côté de chez nous. Mais tout est conforme. C’est de plein droit au niveau du zonage. » En tout, quinze logements doivent être construits.

Les signataires reprochent au promoteur Landco « de construire, avenue Filion, des unités d’habitation d’un style identique et tape-à-l’oeil qu’on retrouve dans les banlieues comme Blainville ou Brossard ou ailleurs où la vie se déroule sans âme villageoise », c’est-à-dire des « maisons en fausses pierres grises, ornées de colonnes noires, auxquelles on a greffé une touche de bois pour tenter de leur donner un cachet qu’elles n’ont pas ».

Ces citoyens évoquent un désastre architectural destiné à faire d’un village pareil un autre dortoir « où la laideur est un affront à toute esthétique urbaine ».

« Je ne comprends pas que les urbanistes de notre ville aient pu recommander au conseil municipal d’approuver ce développement, tel que j’ai pu le voir sur les maquettes consultées », affirme Pierre Schneider.

« Y a-t-il des experts soucieux de la préservation de notre inestimable patrimoine à notre Hôtel de Ville ? Si oui, tous les observateurs avisés, dont le grand architecte de renommée mondiale Roger Taillibert, qui habite le secteur, déplorent vivement leur absence de professionnalisme. »

L’architecte du Stade olympique de Montréal a déjà été propriétaire de ce terrain où ce projet suscite désormais l’ire des citoyens, soutient le directeur général de la municipalité. Jean Beaulieu estime au contraire que ces nouvelles habitations « sont typiques de ce qu’on voit dans la région de Saint-Sauveur ».

La compagnie Landco n’était pas à même de commenter pour Le Devoir ces objections de citoyens en l’absence de son directeur, M. Marc Perrault.

Lundi, une équipe du promoteur s’affairait à déboiser une partie du lieu afin d’aller de l’avant avec les travaux qui nécessitent pour la municipalité de créer une nouvelle rue.