Les Faubourgs trop cher pour ses habitants?

L’Office de consultation publique de Montréal propose de faire de la rue Sainte-Catherine Est le cœur des Faubourgs et d’y ajouter des promenades vertes. Il suggère également de connecter des réseaux d’espaces verts et d’étendre certaines artères.
Photo: Marie-France Coallier Le Devoir L’Office de consultation publique de Montréal propose de faire de la rue Sainte-Catherine Est le cœur des Faubourgs et d’y ajouter des promenades vertes. Il suggère également de connecter des réseaux d’espaces verts et d’étendre certaines artères.

Alors que les résidents du Centre-Sud craignent de devoir quitter leur quartier autrefois ouvrier en raison de l’embourgeoisement, ceux au sud de l’autoroute Ville-Marie redoutent de voir le secteur devenir un désert alimentaire ou une banlieue à l’intérieur de Montréal.

C’est ce qui se dégage du rapport de consultation publique sur l’avenir du secteur des Faubourgs de l’Office de consultation publique de Montréal (OCPM), qui sera rendu public mercredi.

Dans son rapport de 158 pages, l’OCPM formule 44 recommandations à l’administration de Valérie Plante, notamment pour l’arrondissement de Ville-Marie d’effectuer un diagnostic prospectif plus détaillé du profil sociodémographique du secteur et l’inventaire des infrastructures existantes.

« Quand on parlait aux gens, on constatait que les personnes âgées avaient peur de ne pas pouvoir rester dans leur quartier, parce que ça s’embourgeoisait tellement et que ça devenait tellement plus cher », souligne la présidente de l’OCPM, Dominique Ollivier. Elle ajoute que les plus jeunes, quant à eux, ne se voyaient pas nécessairement habiter le quartier dans un horizon de cinq à dix ans.

Les gens au sud de l’autoroute Ville-Marie craignent de leur côté de voir les environs devenir un désert alimentaire ou d’avoir besoin d’une voiture pour leurs déplacements.


Le secteur des Faubourgs

 

 

« Comment peut-on connecter tout ça pour que ça devienne un seul quartier avec une identité forte ? » s’est demandé Mme Ollivier à propos du vaste territoire du secteur des Faubourgs.

« Si on parle de faire venir des milliers de personnes sur une période de 20 ans, il faut non seulement réfléchir aux besoins [actuels], mais aussi aux besoins futurs que pourraient avoir ces personnes-là », ajoute-t-elle.

L’Office propose notamment de faire de la rue Sainte-Catherine Est le coeur du secteur et d’y ajouter des promenades vertes. Il suggère également de connecter des réseaux d’espaces verts et d’étendre certaines artères.

« Prolonger la rue de la Gauchetière sur le site de Radio-Canada fournirait l’occasion de créer une voie piétonnière animée en direction du Faubourg Québec et du Vieux-Montréal », peut-on lire dans le rapport.

Selon Mme Ollivier, cela permettrait qu’un côté du secteur ne soit pas « déconnecté » par rapport à d’autres. Elle ajoute que cela réglerait également certains noeuds de congestion routière et permettrait d’organiser une trame commerciale favorable à la mixité sociale.

Un meilleur accès au fleuve

Le rapport de l’OCPM donne également des orientations afin de rendre l’accès aux berges du fleuve Saint-Laurent plus facile et plus sécuritaire.

À l’heure actuelle, les gens qui désirent s’y rendre doivent traverser l’autoroute Ville-Marie.

« Étant donné qu’on a encore un port qui est en activité, et même en expansion, il faut voir comment on peut le faire », souligne Mme Ollivier.

Dans son rapport, la commission salue les propositions de l’arrondissement, telles que le prolongement de la promenade riveraine du Chemin-Qui-Marche entre la rue Atateken et la rue Alexandre-DeSève, ainsi que l’extension de plusieurs rues qui iront à travers le site à l’ouest de la tour de Radio-Canada, l’axe Ville-Marie–Notre-Dame et le site de la brasserie Molson. Elle remet toutefois en question la pertinence d’une passerelle étagée au-dessus de la gare de triage du port de Montréal.

Elle soulève des raisons d’accessibilité et de sécurité des usagers, ainsi que des raisons techniques.

En juin dernier, la Ville de Montréal a conclu une entente de principe avec les promoteurs du site de Molson-Coors, Groupe Sélection et Groupe Montoni, pour acquérir des terrains permettant notamment la création d’une promenade fluviale.

Cette promenade de 1852 mètres carrés sur une longueur d’un demi-kilomètre sera toutefois séparée du fleuve par des voies ferrées.

L’administration Plante devra prendre acte du rapport, pour ensuite préparer une réglementation qui permettra le contrôle du développement. Elle soumettra alors un programme particulier d’urbanisme (PPU), qui fera également l’objet de consultations publiques prochainement.