Plongée en eaux hostiles

L’installation des piles du pont Samuel-De Champlain au fond du fleuve a nécessité la contribution d’une escouade spéciale, celle des scaphandriers. Copropriétaire de MVC Océan, Yan Milot n’a pas eu de mal à convaincre son équipe de plonger dans l’aventure.

L’entreprise spécialisée dans les travaux maritimes et sous-marins a d’abord eu pour mandat de gérer les rideaux de sédiments destinés à empêcher la poussière et les débris de se répandre dans le fleuve lors des travaux sur la jetée et les approches. Et lorsque le temps est venu de planter les piles sur le lit du fleuve, les scaphandriers ont dû plonger afin de notamment s’assurer que les emplacements où le béton devait être coulé soient exempts de sédiments et de cailloux.

En haut d’un nœud de courant, on ne peut pas plonger. Il y a des endroits où il y en avait quatre, cinq ou six.

« Le fleuve représente quand même un environnement hostile comparativement aux endroits où on est habitués de travailler, parce qu’il y a beaucoup de courant et que c’était quand même assez profond. Mais on ne peut pas dire que c’était dangereux, parce qu’on a pris les moyens pour que ce soit sécuritaire malgré les contraintes », explique Yan Milot, directeur des opérations, mais qui, faut-il le préciser, n’est pas scaphandrier lui-même.

Ainsi, des déflecteurs de courant ont été installés pour permettre aux scaphandriers de travailler sous l’eau. « En haut d’un noeud de courant, on ne peut pas plonger. Il y a des endroits où il y en avait quatre, cinq ou six, indique M. Milot. Donc, on n’avait pas le choix d’aller mettre des déflecteurs, sinon on aurait été incapables de travailler là. »

Et le froid ? « Tout est plus compliqué l’hiver à cause des équipements. Tout gèle. Mais dans l’eau, ça ne change rien. À la limite, le scaphandrier qui est dans l’eau est celui qui est le mieux de toute la gang, parce qu’il y a de l’eau chaude qui circule dans son habit », note Yan Milot.

Le contrat pour le pont Samuel-De Champlain figure parmi les plus importants obtenus par l’entreprise, en activité depuis près de 50 ans, essentiellement au Québec. « C’est une bonne carte de visite », admet Yan Milot.

Et les scaphandriers de l’équipe ne se sont pas fait prier pour participer à l’opération de construction du pont Samuel-De Champlain. « Tout le monde voulait aller travailler là et donner un coup de main. Je ne me faisais pas dire non souvent, parce que les gars étaient fiers d’aller travailler sur ce projet. »

M. Milot dit avoir roulé sur le nouveau pont jeudi pour la première fois : « Le résultat est impressionnant. »

Consultez la suite du dossier