L’immense jeu de Lego

Photo: Marie-France Coallier Le Devoir Le directeur en gestion des matériaux et de l’approvisionnement chez Signature sur le Saint-Laurent, Alexandre Demers

Comme un immense jeu de Lego à assembler. Voilà comment Alexandre Demers décrit le chantier du pont Samuel-De Champlain qui a été officiellement inauguré vendredi. Directeur de l’approvisionnement, de la gestion des équipements et de la logistique pour Signature sur le Saint-Laurent, Alexandre Demers est celui qui devait coordonner la livraison des matériaux et des pièces sur le site de ce chantier hors de l’ordinaire.

Il a fallu faire preuve de créativité pour approvisionner le chantier du pont Samuel-De Champlain. Il ne suffisait pas de charger les pièces préfabriquées sur un camion et de les acheminer au site, car l’ancien pont Champlain s’est avéré trop fragile pour permettre le passage de pièces hors normes. « Le plus grand enjeu qu’on a eu a été logistique. Mais pour moi, ç’a été un superbe défi. On est passés d’une approche simple où on charge les camions à une méthode multimodale qui a nécessité le recours au transport par trains, par barges, par bateaux et par camions », explique Alexandre Demers.

En tout, quelque 1300 pièces hors normes ont dû être livrées sur le site, dont 600 poutres-caissons de 38 à 60 tonnes. « Chaque poutre-caisson est unique et doit être installée dans un ordre spécifique », rappelle l’ingénieur.

Je parle du pont à mon garçon de deux ans et demi tous les jours. Il connaît les grues et les caissons.

De ces longs mois de planification et de casse-tête logistique, Alexandre Demers retient un moment marquant, celui où, en Espagne, il a vu pour la première fois les imposants chevêtres destinés au nouveau pont. Ces pièces triangulaires en acier pesant plusieurs centaines de tonnes, qui supportent la structure et les tabliers du pont, ont dû être transportées sur deux navires nolisés. « On fait des études, on voit les dimensions, mais quand je suis arrivé devant les chevêtres d’acier, j’ai été ému par l’ampleur du défi qu’on allait avoir », raconte l’ingénieur.

Après ses études, Alexandre Demers a notamment travaillé dans l’Ouest canadien sur des projets pétroliers, en Australie et en Turquie. Ayant finalement décidé de s’établir à Montréal avec sa famille, l’ingénieur n’a pas hésité quand SNC-Lavalin lui a proposé de travailler sur le chantier du pont Samuel-De Champlain.

« Les projets majeurs sont souvent ensevelis sous la terre ou dans des lieux qui ne sont pas accessibles. Mais le pont est accessible. C’est un héritage qu’on laisse. On le voit tous les jours et il a une durée de vie de 125 ans. C’est très valorisant », estime l’ingénieur.

Le pont Samuel-De Champlain a occupé une grande place dans la vie de famille d’Alexandre Demers au cours des dernières années. « Je parle du pont à mon garçon de deux ans et demi tous les jours. Il connaît les grues et les caissons. Il ne comprend pas l’impact que ce projet a eu sur moi, mais je suis sûr que, dans 10 ans, il ne sera plus capable d’entendre parler du pont ! »

 

Consultez la suite du dossier