Pékin envisage d’exclure les Boeing 737 MAX de ses importations de produits américains

La Chine avait signé un accord portant sur l’achat de 300 appareils Boeing, dont 260 de la famille 737.
Photo: Greg Baker Agence France-Presse La Chine avait signé un accord portant sur l’achat de 300 appareils Boeing, dont 260 de la famille 737.

La Chine, prête à gonfler ses achats de produits américains dans le cadre de ses pourparlers commerciaux avec les États-Unis, envisage d’exclure les commandes de Boeing 737 MAX d’un éventuel accord avec Washington, a rapporté mardi Bloomberg News.

Les 737 MAX faisaient partie d’une liste provisoire des produits que Pékin pourrait importer davantage afin de réduire son excédent commercial avec les États-Unis, selon des sources proches du dossier citées par l’agence financière. Il s’agit d’un point crucial des négociations en cours entre les deux puissances pour mettre un terme à leur guerre douanière. Mais à la suite de la tragédie d’Ethiopian Airlines, qui a entraîné l’immobilisation planétaire du Boeing 737 MAX et alimenté les interrogations sur sa certification, la Chine réfléchit à éliminer l’avion de sa liste ou à le remplacer par d’autres modèles de Boeing, selon ces mêmes sources.

Le géant asiatique a déjà joué un rôle central dans cette crise : après le crash de l’avion d’Ethiopian Airlines le 10 mars, Pékin avait en premier décidé de clouer au sol les 737 MAX, rapidement suivi par l’Europe, puis enfin par les États-Unis. Or, la Chine est un marché phare pour l’appareil de l’avionneur américain : sur les 350 exemplaires du Boeing 737 MAX livrés avant fin janvier, environ 20 % ont été livrés à des compagnies aériennes chinoises -lesquelles sont pour la plupart sous contrôle étatique.

C’est également une monnaie d’échange dans la diplomatie commerciale sino-américaine : en novembre 2017, à l’occasion d’une visite du président Donald Trump à Pékin, la Chine avait signé un accord portant sur l’achat de 300 appareils Boeing, dont 260 de la famille 737.Par ailleurs, Boeing a ouvert l’an dernier en Chine un centre de finition destiné à l’aménagement de ses moyen-courriers. Le premier appareil sorti de cette structure, en décembre, était un 737 MAX.

Pour autant, exclure les avions Boeing d’un accord commercial avec les États-Unis compliquera l’équation pour la Chine : l’aéronautique constitue l’un des principaux secteurs d’exportations américains vers le géant asiatique, pour un montant de 16,3 milliards de dollars en 2017.

Boeing et son rival européen Airbus se disputent âprement le marché aéronautique chinois, deuxième mondial et qui devrait devenir vers le milieu des années 2020 le premier devant les États-Unis selon l’Association internationale du transport aérien.

Pékin envisage d’exclure les Boeing 737 MAX de ses importations de produits américains