Voitures électriques: Ottawa réitère son ambition

Catherine McKenna, la ministre fédérale de l’Environnement, promet que 100% des véhicules vendus au pays seront électriques en 2040.
Photo: Jacques Nadeau Le Devoir Catherine McKenna, la ministre fédérale de l’Environnement, promet que 100% des véhicules vendus au pays seront électriques en 2040.

Même si le Canada n’a toujours pas de stratégie nationale d’électrification des transports, la ministre fédérale de l’Environnement promet que 100 % des véhicules vendus au pays seront électriques en 2040.

À l’instar d’autres pays comme la France, le Royaume-Uni et l’Espagne, le Canada espère mettre fin aux ventes de voitures à essence d’ici 20 ans, a souligné mercredi Catherine McKenna, dans le cadre d’une conférence de presse à Montréal.

« Nous allons annoncer notre plan pour les véhicules électriques dans les prochains mois », a-t-elle ajouté, après avoir dévoilé une contribution financière de 5 millions de dollars d’Ottawa pour la mise en place de 100 « bornes de recharge rapide » au Québec.

Stratégie en 2019

Le gouvernement de Justin Trudeau avait annoncé en 2017 son intention de mettre en oeuvre une « stratégie nationale » d’électrification, et ce, dès 2018. Est-ce que cette stratégie sera finalement annoncée en 2019, qui est une année électorale ? « On travaille très fort avec notamment Steven Guilbeault, qui a une grande expertise, pour étudier les cas comme ici, au Québec, mais aussi en Norvège. Nous savons que nous avons une bonne occasion », a répondu la ministre.

M. Guilbeault a été nommé en novembre dernier par le gouvernement canadien pour coprésider un « comité consultatif » chargé de suggérer au fédéral des moyens d’accélérer la réduction des émissions de gaz à effet de serre (GES) au pays.

Pour atteindre les cibles canadiennes de réduction des GES, le secteur des transports doit faire partie de la solution, selon Mme McKenna. Il faut dire que ce secteur est responsable à lui seul de 24 % des émissions de gaz à effet de serre du Canada. C’est d’ailleurs le deuxième émetteur, tout juste derrière le secteur pétrolier et gazier, avec 25 % des émissions.

Or, à l’heure actuelle, le Canada compte à peine plus de 80 000 véhicules électriques, alors que plus de 35 millions de véhicules sont immatriculés au pays. Une bonne partie de ces véhicules se trouvent au Québec, qui comptait, à la fin de novembre, près de 40 000 véhicules électriques. L’objectif est d’atteindre le chiffre de 100 000 d’ici 2020. Le nombre de véhicules sur les routes du Québec dépasse aujourd’hui les 6,5 millions.

Transition et pipeline

La ministre McKenna a par ailleurs dû de nouveau défendre les politiques environnementales des libéraux, qui souhaitent accélérer les réductions d’émission de GES au Canada tout en choisissant de nationaliser la construction du projet d’expansion du pipeline Trans Mountain.

« Nous sommes dans une transition. Nous devons être très ambitieux, nous devons réduire nos émissions de gaz à effet de serre dans le secteur des transports. Nous devons mettre un prix sur la pollution, ce qui est un enjeu dans certaines provinces où des partis conservateurs veulent que la pollution soit gratuite », a-t-elle fait valoir.

À quelques mois des élections fédérales, la ministre a d’ailleurs critiqué certains élus aux allégeances conservatrices, dont Doug Ford, Andrew Scheer et Maxime Bernier, qui « ne croient pas que nous avons un problème » en raison de la crise climatique.

« Nous devons nous assurer que nos ressources peuvent se rendre sur les marchés et que les gens ont des emplois », a-t-elle souligné. « Je suis la ministre de l’Environnement, mais je dois aussi être une ministre économique. »

Le pipeline Trans Mountain « fait partie de notre plan » de transition énergétique, a ajouté Mme McKenna. Même si le projet d’expansion fera passer le transport quotidien de 300 000 à 890 000 barils, elle a soutenu qu’« aucune hausse » d’émissions de GES n’est « liée à ce projet d’expansion ».