Une dispute paralyse le métro de Montréal à l’heure de pointe

Urgences-santé est intervenu dans deux stations, Champ-de-Mars et Berri-UQAM, auprès de huit personnes qui ont été incommodées par le produit irritant.
Photo: Guillaume Levasseur Le Devoir Urgences-santé est intervenu dans deux stations, Champ-de-Mars et Berri-UQAM, auprès de huit personnes qui ont été incommodées par le produit irritant.

Une altercation entre deux usagers du métro à la station Champ-de-Mars a dégénéré et entraîné la paralysie du réseau sur les lignes orange, verte et jaune en pleine heure de pointe mercredi matin.

Le Service de police de la Ville de Montréal (SPVM) a reçu vers 8 h 10 un signalement pour une dispute entre deux hommes sur le quai de la station Champ-de-Mars. L’un d’eux a aspergé d’un gaz irritant l’autre personne, un homme d’une cinquantaine d’années.

Urgences-santé est intervenu dans deux stations, Champ-de-Mars et Berri-UQAM, auprès de huit personnes qui ont été incommodées par le produit irritant. Six ont été traitées sur place, alors que deux autres ont été conduites à l’hôpital.

À cause de la circulation d’air, il fallait éviter que ça se propage sur les autres lignes

Le suspect, un homme âgé d’une quarantaine d’années, a pris la fuite en montant dans une voiture du métro qui roulait sur la ligne orange vers la station Berri-UQAM, a précisé Michel Bourgeois, chef de division au Service de sécurité incendie de Montréal (SIM). En fin de journée mercredi, l’individu était toujours recherché.

Le SIM n’a pas de certitude concernant la nature du gaz irritant utilisé par l’agresseur. Il s’agirait possiblement de poivre de Cayenne.

Par mesure de précaution et en raison de la proximité avec la station Berri-UQAM, la STM a interrompu le service sur les lignes orange, verte et jaune, fort achalandées à ce moment de la journée. « À cause de la circulation d’air, il fallait éviter que ça se propage sur les autres lignes », a expliqué Philippe Schnobb, président du conseil d’administration de la STM.

Enquête

Le service a été rétabli progressivement sur les trois lignes, mais l’heure de pointe a été pénible pour des milliers d’usagers. L’interruption sur la ligne orange a duré 44 minutes. Elle a été de 29 minutes sur la ligne verte et de 22 minutes sur la ligne jaune.

La mairesse Valérie Plante a déploré l’événement, mais elle soutient que la STM n’avait pas le choix d’interrompre le service.

« Ce qui est rassurant, c’est que le protocole d’urgence a été appliqué très rapidement », a-t-elle commenté.

Selon elle, cet événement démontre que le réseau actuel est saturé et que d’autres lignes de métro, comme la ligne rose, seraient nécessaires pour le décongestionner.

Pour la STM, il était difficile de déployer un service supplémentaire en surface. En période de pointe, tous les autobus sont déjà en service, a indiqué Philippe Schnobb : « On avait évalué que l’arrêt durerait une vingtaine de minutes et ça prend à peu près vingt minutes pour déployer de nouveaux autobus », a-t-il dit.

L’enquête du SPVM se poursuit. Le réseau du métro comporte 2000 caméras et des images pourraient permettre de retrouver l’agresseur.