Montréal se dote d’une escouade mobilité

Les inspecteurs auront le pouvoir de remettre des amendes aux entrepreneurs et usagers de la route fautifs, mais aussi de démobiliser des chantiers illégaux.
Photo: Jacques Nadeau Le Devoir Les inspecteurs auront le pouvoir de remettre des amendes aux entrepreneurs et usagers de la route fautifs, mais aussi de démobiliser des chantiers illégaux.

En vue d’améliorer la fluidité et la mobilité de tous les usagers du transport sur son territoire — piétons et cyclistes compris —, la Ville de Montréal a annoncé mercredi le lancement officiel de son escouade mobilité. Composée de six inspecteurs, qui s’ajoutent aux effectifs actuels consacrés à la circulation, cette dernière tentera de limiter les entraves sur les principaux axes routiers dans les arrondissements de Ville-Marie, du Plateau-Mont-Royal et du Sud-Ouest.

« Avec cette escouade, nous voulons nous attaquer à la congestion routière qui paralyse le centre-ville de Montréal, a indiqué en conférence de presse la mairesse Valérie Plante. Par contre, il ne faut pas penser que c’est une solution miracle, surtout dans un contexte où le parc automobile montréalais croît à une vitesse plus grande que la population. » Selon elle, il s’agit toutefois d’un premier pas qui, couplé à des engagements déployés à moyen et long terme, comme « les 300 autobus hybrides déjà commandés, le réseau express vélo et la future ligne rose », devrait permettre de désengorger certains secteurs de la métropole.

Concrètement, cette escouade, qui était un engagement phare de l’administration Plante, sillonnera les rues des trois arrondissements nommés du lundi au vendredi, entre 5 h et 23 h, son objectif étant de déterminer et de minimiser les impacts des comportements responsables de la congestion. Le gros de ses efforts sera concentré le matin, moment de la journée où il est le plus pertinent de faire ce genre d’interventions. « L’idée est de pouvoir agir rapidement pour désamorcer des situations en amont », rappelle la mairesse.

En plus de pouvoir remettre des amendes aux entrepreneurs et usagers de la route fautifs (pensons à un camionneur qui bloque une piste cyclable, par exemple), les six inspecteurs auront le pouvoir de démobiliser in situ des chantiers illégaux, de même que ceux qui contreviendraient aux normes définies dans leur permis. On peut ici penser à « un chantier qui ne comporterait pas de traverse piétonne adéquate », explique le responsable des infrastructures au comité exécutif montréalais, Sylvain Ouellet.

L’escouade travaillera de concert avec l’équipe technique responsable de l’émission des permis, avec le Centre de gestion de la mobilité urbaine, de même qu’avec les agents du Service de police de la Ville de Montréal. En cas de problème, ces derniers devraient d’ailleurs être prêts à réagir pour aider les inspecteurs dans leur travail quotidien.

Son déploiement mobilisera un budget de 1 119 000 $, dont 619 000 $ proviennent du budget de fonctionnement de l’arrondissement de Ville-Marie. Les 500 000 $ restants ont, pour leur part, été octroyés la semaine dernière par le ministère des Transports, de la Mobilité durable et de l’Électrification des transports.

Projet pilote

Bien que pratiquement invisible, l’escouade mobilité est déjà présente dans les rues de la métropole depuis le début du mois de juin dans le cadre d’un projet pilote. Ce dernier, qui vient tout juste de prendre fin, a non seulement permis de mettre à l’épreuve les différentes ressources mobilisées, mais a également mené à l’émission de près de 1500 constats d’infraction.

Sur ce nombre, la très grande majorité concernait des entraves sur la chaussée, principalement dans des secteurs à proximité du boulevard René-Lévesque dans l’arrondissement de Ville-Marie. Malgré tout, des interventions ont également ciblé des entraves au réseau cyclable et aux trottoirs, comme quoi la mobilité à Montréal n’est plus tout à fait juste une affaire d’automobilistes.