La Rive-Sud présente ses demandes en matière de transport en commun

La mairesse de Longueuil, Sylvie Parent
Photo: Karl Rettino-Parazelli Archives Le Devoir La mairesse de Longueuil, Sylvie Parent

Après les élus municipaux de la couronne nord plus tôt ce printemps, c’est au tour des maires de l’agglomération de Longueuil, sur la Rive-Sud, dans la région de Montréal, de profiter de la campagne électorale à venir pour interpeller les candidats provinciaux en matière de mobilité durable.

Réunis dans un garage d’autobus du Réseau de transport de Longueuil (RTL), les cinq élus ont présenté lundi matin leur Vision 2025, un « plan de mobilité intégrée » visant à faciliter les déplacements en transport collectif sur le territoire de l’agglomération, en plus de s’attaquer de front à l’important problème de congestion routière avec lequel doit composer la région.

Ce plan ambitieux s’articule autour de quatre projets.

Tramway sur Taschereau

Si les banlieues de la région métropolitaine ont longtemps été considérées comme des « villes dortoirs », c’est maintenant chose du passé. Pôles d’emplois en pleine effervescence, elles génèrent de plus en plus de déplacements sur leur territoire, forçant les administrations municipales de ce secteur à faire preuve d’inventivité pour mieux desservir la population.

C’est là qu’intervient le projet de tramway sur le boulevard Taschereau, explique la mairesse de Longueuil, Sylvie Parent, l’idée étant d’offrir un lien complémentaire aux autres maillons du réseau, comme le métro et le futur Réseau express métropolitain (REM). L’avantage du tracé projeté est qu’il passerait en milieu urbain, évitant un rabattement de plus vers le réseau de transport collectif.

Sur la table depuis déjà quelques années, ce lien sur rail — qui n’est pas sans rappeler celui proposé par le Parti québécois dans son « grand déblocage » faciliterait, au dire des élus de l’agglomération et des représentants du RTL, le transit de milliers de travailleurs d’un bout à l’autre de la région.

Prolongement de la ligne jaune

La station de métro de Longueuil est, de loin, celle qui est le plus achalandée en période de pointe, soutiennent les élus de l’agglomération. En ce sens, il est tout à fait logique, selon eux, d’exiger le prolongement de la ligne jaune afin de mieux desservir le territoire de la Ville de Longueuil. Ce projet serait d’ailleurs « attendu depuis plus de 50 ans ».

À ce sujet, le gouvernement Couillard a annoncé en juillet dernier son intention de financer des études de faisabilité, tant pour ce projet que pour celui pensé pour l’axe du boulevard Taschereau. Qualifiées d’« avant-projets pour un mode de transport structurant », ces analyses pourraient mobiliser jusqu’à 14,75 millions de dollars, selon le ministère des Transports, de la mobilité et de l’Électrification des transports.

Réseau rapide d’agglomération et corridors express

Pour compléter les modes lourds que sont le métro et le tramway, les élus proposent de mettre sur pied un réseau d’autobus rapide. Déployés aux quatre coins de la région, ces derniers permettraient « d’améliorer la fluidité des transports à l’intérieur de l’agglomération », tout en desservant les secteurs stratégiques.

Des corridors express sont également prévus sur les principaux axes autoroutiers de la région, comme sur la 30 et sur la route 132 par exemple. Ces derniers permettraient au RTL d’offrir un « service fiable », en plus de réduire les temps de transport des usagers. L’idée est ici de sortir les autobus de la congestion générée par le trafic automobile, avance le directeur général du RTL, Michel Veilleux. Trafic qui, rappelons-le, ne cesse d’augmenter dans la région métropolitaine en raison des nombreux travaux d’infrastructures et du parc automobile qui ne cesse de croître.

Réseau express métropolitain

Présenté pour la première fois en avril 2016, le Réseau express métropolitain de la Caisse de dépôt et placement du Québec est une des « pierres d’assise » de la Vision 2025 des élus de l’agglomération de Longueuil. Dans leur plan, ces derniers proposent donc d’assurer la desserte des futures stations, notamment en planifiant l’implantation de voies réservées, de même que le « déploiement de services de transport en commun fréquents et réguliers ». « Il faudra s’assurer que les gens peuvent se rendre aux stations, note Michel Veilleux du RTL. C’est essentiel pour ce projet soit un succès. »

Rappelons qu’à l’heure actuelle, seul le Parti québécois propose un abandon clair de ce projet de transport collectif, qu’il souhaite remplacer par un vaste réseau de tramways.

Plante demande aux partis de s’engager pour la ligne rose

À Montréal, la mairesse Valérie Plante a demandé aux partis provinciaux de profiter de la campagne pour s’engager sérieusement pour le déploiement de la ligne rose dans un avenir rapproché. Formulée lors de la reprise des travaux du conseil municipal, cette demande s’inscrit dans la série de requêtes faites par la Ville de Montréal dans le cadre de l’élection provinciale. Parmi les autres demandes en transport, l’élue souhaite un meilleur partage des coûts d’exploitation. Elle enjoint également aux partis de revoir la gouvernance en transport en commun dans la région métropolitaine, un dossier qui est déjà entre les mains de l’Agence régionale de transport métropolitaine.