Navettes autonomes: le projet-pilote de Candiac devrait en inspirer d’autres

Le modèle de la navette autonome, de la compagnie française NAVYA, sera exploité par Keolis Canada.
Photo: Jacques Nadeau Le Devoir Le modèle de la navette autonome, de la compagnie française NAVYA, sera exploité par Keolis Canada.

Le projet-pilote dévoilé vendredi, qui permettra à une navette autonome de circuler sur la voie publique de Candiac à partir de la fin du mois d’août, n’est pas seulement le premier du genre au Canada. Il s’agit aussi d’un exemple type de projet qui pourrait permettre au Québec de se distinguer du reste de l’Amérique du Nord dans les prochaines années.

Le ministre des Transports, André Fortin, a annoncé vendredi que la ville de Candiac, sur la Rive-Sud de Montréal, sera la première municipalité canadienne à voir circuler une navette autonome et électrique dans ses rues, plutôt qu’en circuit fermé.

La navette de la compagnie française NAVYA, qui sera exploitée par Keolis Canada, sera en service à partir de la semaine du 27 août, pour un an. Les citoyens ne pourront cependant pas l’utiliser entre le début du mois de décembre et la fin du mois de mars, une période au cours de laquelle Keolis testera la navette en conditions hivernales.

« À long terme, l’arrivée des véhicules autonomes constitue une façon d’améliorer la sécurité sur nos routes en utilisant les meilleures technologies possibles », a déclaré le ministre Fortin, soulignant que le projet-pilote permettra d’évaluer la cohabitation du véhicule autonome avec les autres usagers de la route et d’adapter la réglementation en conséquence.

Projets 100 % québécois ?

Le projet-pilote de Candiac sera le premier à être mis en branle depuis que le gouvernement du Québec a ouvert la porte aux véhicules autonomes en modifiant le Code de la sécurité routière, en avril dernier.

D’autres projets-pilotes dans « différents créneaux » seront déployés dans la province au cours des prochaines années, mais le ministre Fortin n’a pas voulu en préciser le nombre ou l’emplacement.

Selon la directrice générale de Propulsion Québec, la grappe québécoise des transports électriques et intelligents, Sarah Houde, le projet de Candiac et ceux qui suivront pourraient permettre au Québec de se distinguer des autres provinces ou États nord-américains en misant sur des navettes plutôt que des voitures autonomes.

« On a des joueurs qui se lancent dans le développement de navettes québécoises […] on a des capteurs, on a du Lidar, on a de la caméra, on a de l’intelligence artificielle pour ce qui est des logiciels et on a le savoir pour les infrastructures intelligentes, souligne-t-elle. On peut donc attacher tout ça et pousser le développement industriel. C’est ça, la vision. »

Selon le ministre Fortin, il ne faut pas redouter le fait qu’un véhicule autonome se mêlera bientôt aux autres usagers de la route. « La technologie est rendue là, dit-il. Si on le fait avec des paramètres bien établis, avec des routes habituelles, nous sommes convaincus que ce sera un environnement sécuritaire pour tous. »

En cas d’accident, tout dépendra des circonstances, affirme M. Fortin. « Keolis aura un système indépendant du no fault [le régime public d’assurance automobile du Québec qui couvre tous les Québécois en cas de blessures ou de décès] où ils pourront rembourser en matière d’accident si c’est la faute de la navette. Si c’est un accident causé par tout autre véhicule, un cycliste ou un piéton, le no fault va s’appliquer comme à l’habitude. »

Chez Keolis, on indique que quinze navettes semblables à celle qui circulera à Candiac ont déjà été déployées dans sept pays et qu’aucun accident n’a été provoqué par les véhicules autonomes. Les quelques « incidents mineurs » ont été causés par des erreurs humaines, note-t-on.

Autres projets

Le projet de Candiac est le premier à déployer des navettes autonomes sur la voie publique au Canada, mais il n’est pas le premier à impliquer des véhicules autonomes. L’Ontario permet les tests depuis le 1er janvier 2016 et analyse actuellement la possibilité de permettre aux véhicules autonomes de circuler sans conducteur à bord.

À Montréal, un projet-pilote impliquant une navette autonome a été lancé l’an dernier au Parc olympique, sur circuit fermé, pour quatre jours. Deux navettes de Transdev seront de nouveau en circulation à partir de la semaine du 27 août, du lundi au vendredi, pendant deux mois.

La navette empruntera un parcours de 800 mètres qui reliera l’entrée du Stade olympique à la station de métro Viau, en passant notamment par l’entrée des nouveaux bureaux de Desjardins et le Planétarium.

Le projet-pilote de Candiac en bref

- Navette autonome et électrique de 15 places

- Vitesse maximale de 25 km/h

- Accès gratuit

- Trajet de 2 km entre le stationnement incitatif Montcalm-Candiac et l’intersection des boulevards Marie-Victorin et Montcalm Nord

- Durée de 12 mois

- Aide financière de 350 000 $ du gouvernement du Québec