«Souffles» pour une dose d’humanité

Marie-Hélène Alarie Collaboration spéciale
La création d’André Pappathomas «Souffles. Dix chœurs pour un chant à créer» a réuni sur une même scène autant de communautés culturelles établies à Montréal.
Photo: Les Arts et la Ville La création d’André Pappathomas «Souffles. Dix chœurs pour un chant à créer» a réuni sur une même scène autant de communautés culturelles établies à Montréal.

Ce texte fait partie d'un cahier spécial.

Si, comme le dit le proverbe, « À l’œuvre on reconnaît l’ouvrier », dans le cas de Souffles, on pourrait aussi dire qu’on reconnaît l’humanité.

Dans le cadre des 20es Journées de la culture, la création d’André Pappathomas Souffles. Dix chœurs pour un chant à créer a réuni sur une même scène autant de communautés culturelles établies à Montréal. L’auteur, ému, décrira ainsi son expérience : « Forger de nouveaux modes de pensée et de comportement dont notre monde a tant besoin est une tâche d’une immense ampleur. Elle demandera un apprentissage intense et la participation engagée de plus en plus de personnes. Tout au long du concert Souffles, il y avait devant moi, une humanité… plus ou moins 275 personnes — plus d’une douzaine de communautés représentées — qui avaient décidé que ce concert aurait lieu, que cette grande rencontre aboutirait à la création d’une œuvre nouvelle… »

De facture contemporaine, les pièces du concert faisaient la part belle à chacun des chœurs, qui avait sa propre pièce jusqu’au finale, où les 275 interprètes chantaient à l’unisson. Le concert a su mettre en valeur les différentes sonorités linguistiques des groupes présents et s’inspirer de la consonance des chants et des caractères musicaux propres à chacune des cultures représentées. André Pappathomas a fait appel aux auteurs québécois Kim Thúy, Natasha Kanapé Fontaine, Yvon Rivard et Laure Morali pour les textes.

« On peut rattacher à l’expérience de création du concert Souffles les dynamiques d’un besoin essentiel de rapprochement et de connivence non seulement entre les communautés, mais entre tous. Dès l’amorce du travail et surtout dès que s’est installé entre tous le plaisir de créer la musique du concert, il y a une réappropriation juste du rapport entre individu et collectif. Soudainement tout était potentiellement acte de création… » dira le créateur. C’est ce qu’a salué le jury en soulignant que l’œuvre ouvrait la porte à un dialogue interculturel nécessaire au vivre-ensemble.