Territoires culturels en mutation

Alice Mariette Collaboration spéciale
Les territoires doivent s’adapter à un monde en pleine transformation, pense le sénateur et artiste René Cormier
Photo: Parlement du Canada Les territoires doivent s’adapter à un monde en pleine transformation, pense le sénateur et artiste René Cormier

Ce texte fait partie d'un cahier spécial.

Les territoires doivent s’adapter à un monde en pleine transformation, pense René Cormier, sénateur indépendant au Sénat du Canada et artiste multidisciplinaire acadien.

À l’occasion de la conférence d’ouverture du 31e colloque du réseau Les Arts et la Ville, René Cormier va souligner la « métamorphose » actuelle qui a lieu à la fois dans les milieux urbains et ruraux. « Les circonstances démographiques, la présence des réseaux sociaux et des téléphones intelligents refaçonnent complètement nos territoires », lance-t-il. Pour répondre aux différents défis posés par ce monde en mutation, il estime qu’il faut aider les milieux à se transformer.

Participation citoyenne

Avant tout, pour suivre le mouvement, les municipalités doivent avoir une bonne capacité d’adaptation. « Du point de vue des élus, s’adapter signifie avoir un dialogue et une relation très directe avec les citoyens, donc élaborer des politiques et mettre en place des projets incluant une participation citoyenne forte », détaille le sénateur. Pour lui, actuellement, un des plus grands défis est de maintenir une mobilisation citoyenne. Pour ce faire, la communauté doit se sentir capable d’agir sur son milieu, car elle est outillée et motivée. « Je pense que les arts et cultures jouent un rôle formidable, car ils sont vecteurs de mobilisation, de transformations », souligne René Cormier.

Le sénateur habite depuis plusieurs années dans la petite municipalité de Caraquet, au Nouveau-Brunswick, même s’il est souvent à Ottawa depuis sa nomination au Sénat. « Dans la région de Caraquet, de nombreux projets de stratégies de collaboration entre la municipalité et les citoyens ont été mis en place, ce qui fait en sorte que cette municipalité rayonne beaucoup plus loin », estime-t-il.

S’il n’existe pas de formules miracles, M. Cormier constate que la réussite se trouve dans cette relation de confiance et d’inspiration. « Au fond, qu’est-ce qui fait la différence ? C’est de voir comment les élus peuvent être inspirants dans leur discours, dans leurs actions, dans leur ouverture à collaborer avec les milieux culturels. C’est souvent dans cette relation-là que l’on trouve l’essence d’une dynamique qui permet de développer un milieu », croit-il.

Histoire des lieux

Un autre élément auquel le sénateur accorde beaucoup d’importance est l’héritage culturel et patrimonial. « Quand on habite un territoire aujourd’hui, il est lui-même habité de toutes sortes de couches dans l’histoire. Si je fais un portrait de ma municipalité en 2018, si je retombe dans le temps, il y a une histoire qui se cache, des individus, des personnalités qui ont marqué cet endroit-là », souligne-t-il. Cependant, il estime qu’avec le désir d’être dans l’actualité, la modernité et les médias sociaux, les citoyens peuvent avoir tendance à perdre un peu la mémoire. « Je crois que c’est un élément fondamentalement culturel, et le revisiter, c’est faire redécouvrir ou découvrir là où ils habitent, ce qu’a été ce territoire et pourquoi il a un sens aujourd’hui », pense-t-il.