Des interventions développées sur tout le territoire

Martine Letarte Collaboration spéciale
Les ambassadeurs travaillent de concert avec Les Arts et la Ville dans le cadre de sa stratégie Action culture afin de souligner l’importance d’intégrer la dimension culturelle dans toutes les sphères de la société.
Photo: Les Arts et la Ville Les ambassadeurs travaillent de concert avec Les Arts et la Ville dans le cadre de sa stratégie Action culture afin de souligner l’importance d’intégrer la dimension culturelle dans toutes les sphères de la société.

Ce texte fait partie d'un cahier spécial.

« Territoire, identité et appartenance »: c’est le thème qu’a choisi cette année le réseau Les Arts et la Ville pour son 31e colloque annuel, qui se tiendra du 6 au 8 juin à Sept-Îles. Pour le réseau, assurer une présence sur le grand territoire qu’est le Québec et même, dans la francophonie canadienne, est ni plus ni moins qu’incontournable. Pour y arriver, il a mis en place différents projets et d’autres sont à l’étude, comme l’appellation Ville de culture.

Pensez à l’appellation d’origine protégée (AOP), qu’on trouve beaucoup dans les fromages et les vins. Maintenant, pensez à la façon dont on pourrait se servir du concept et l’adapter au développement culturel dans les villes, municipalités et MRC. Le tout, avec des efforts d’accompagnement et de formation. C’est l’idée du projet d’appellation Ville de culture à l’étude au réseau Les Arts et la Ville.

« Nous voulons que ce projet vienne reconnaître les villes qui s’investissent en culture et leur permette d’exprimer leur fierté par rapport à leur dynamisme culturel », explique Josée Laurence, directrice de la diffusion et de la conservation au Monastère des Augustines à Québec et coprésidente du réseau Les Arts et la Ville.

Cette appellation viendrait aussi souligner un engagement continu des autorités municipales envers le développement culturel et se réaliserait grâce à un engagement citoyen et à une mobilisation des acteurs locaux.

La culture comme moteur de développement

Le projet Ville de culture est directement lié à la mission du réseau Les Arts et la Ville, qui est de développer durablement les communautés grâce à la culture. « C’est possible, peu importe la grosseur du milieu, indique Josée Laurence. Il y a de beaux exemples de succès au Québec, comme le village de Saint-Élie-de-Caxton qui a beaucoup de visibilité grâce au conteur Fred Pellerin. »

Aux yeux de Jérémie Ernould, conseiller municipal de la Ville de Québec et coprésident du réseau Les Arts et la Ville, le projet d’appellation Ville de culture est fort pertinent. « Le développement durable des régions est un enjeu d’actualité et la culture s’inscrit dans ce mouvement, affirme-t-il. Tous les milieux veulent avoir une identité culturelle bien affirmée. Par contre, ils ne savent pas nécessairement comment y arriver. Ville de culture permettrait au réseau Les Arts et la Ville de les accompagner de façon pérenne dans ce processus. »

Une étude de faisabilité a déjà été réalisée. Les Arts et la Ville présentera le projet à ses membres lors du colloque et ira chercher leur apport pour continuer à le développer. Le réseau est aussi en discussion avec des partenaires potentiels. L’objectif est d’arriver à lancer un préprojet l’an prochain, pour ensuite entamer un projet-pilote de trois ans.

Cliniques culturelles

D’autres initiatives dans la même veine ont déjà été mises en place par Les Arts et la Ville. Par exemple, des cliniques culturelles se rendent maintenant dans différentes villes, municipalités et différents arrondissements. C’est une initiative mise en place l’an dernier dans le cadre de l’Agenda 21 de la culture de l’organisation internationale Cités et gouvernements locaux unis.

« Lors d’une journée de clinique dans une communauté, nous rencontrons d’abord les acteurs clés des différents secteurs de la société pour expliquer concrètement ce qu’est le développement durable par la culture et pour discuter de la réalité du milieu », explique Lynda Roy, directrice générale du réseau Les Arts et la Ville.

Un conférencier vient également présenter un exemple d’intervention réussie pour développer durablement une communauté. Puis, on tient un atelier de cocréation pour lancer des idées. Les gens du milieu sont ensuite invités à prioriser les actions à réaliser, et un rapport est produit et remis à la communauté pour qu’elle puisse passer à l’action.

« L’objectif est toujours d’arriver à des projets créatifs et engageants pour les citoyens, explique Mme Roy. On souhaite de plus en plus mettre en avant ces cliniques culturelles. »

Un appel de candidatures vient d’ailleurs d’être lancé pour choisir les milieux qui recevront les cliniques l’an prochain.

Une réelle présence sur le territoire

Les Arts et la Ville, qui compte plus de 500 membres répartis dans toutes les régions du Québec ainsi que dans la francophonie canadienne, a une réelle volonté d’exprimer sa présence sur tout le territoire du Québec. Sa venue à Sept-Îles pour le colloque cette année reflète cette volonté. Et ce n’est pas nouveau. Dans la dernière décennie, son colloque annuel est aussi passé par Lévis, Victoriaville, Sainte-Thérèse, Rouyn-Noranda, Gatineau, Alma, Dieppe (Nouveau-Brunswick) et Montmagny. « On n’a pas peur des distances et c’est le fun de prendre le pouls de ce qui se passe dans les autres régions », affirme Josée Laurence.

« Être présent sur le territoire a toujours été important pour le réseau, renchérit Lynda Roy. C’est ainsi qu’on arrive à réunir l’ensemble du monde municipal et culturel des différentes régions du Québec et de la francophonie canadienne pour travailler à mieux développer le territoire et les communautés à l’aide de la culture. »

Pour avoir une présence plus soutenue sur le territoire, un point recommandé par l’Agenda 21, Les Arts et la Ville développe aussi un réseau d’ambassadeurs sur le terrain. Il y en a huit actuellement, de Sept-Îles à La Tuque, en passant par Bromont. « On leur offre de la formation et ils font par la suite bénéficier leur milieu de cette expertise », explique Lynda Roy.

« Pour développer le territoire, il faut des projets, une identité culturelle forte, une mise en valeur du patrimoine, affirme Jérémie Ernould. Toutefois, les ressources sont limitées et les budgets sont serrés, surtout dans les petites municipalités. Les services clés en main de soutien et d’accompagnement offerts par Les Arts et la Ville sont intéressants pour les villes, les municipalités et les MRC alors que la culture est devenue, plus que jamais, un incontournable du développement. »