Risque de débrayage à la STM

Les employés d'entretien de la STM accentuent les moyens de pression. Munis de trompettes et de sifflets, les syndiqués ont pris la rue mercredi après-midi au centre-ville lors d'une bruyante manifestation devant le siège social de la STM.
Photo: Jacques Nadeau Le Devoir Les employés d'entretien de la STM accentuent les moyens de pression. Munis de trompettes et de sifflets, les syndiqués ont pris la rue mercredi après-midi au centre-ville lors d'une bruyante manifestation devant le siège social de la STM.

Les usagers du transport en commun risquent de voir le service d’autobus perturbé au cours des prochains jours.

Les employés d’entretien prévoient en effet de tenir six jours de grève d’heures supplémentaires dès la semaine prochaine, du 7 au 12 mai, tandis que les chauffeurs d’autobus se prononceront jeudi sur un mandat de débrayage.

« On va travailler 40 heures par semaine, comme le prévoit notre contrat, mais on n’acceptera pas de faire davantage d’heures », explique Gleason Frenette, président du Syndicat du transport de Montréal, qui représente les 2400 employés des services d’entretien.

Le noeud du conflit concerne les horaires de travail des employés. Puisque la plupart des autobus se retrouvent dans les garages en soirée, la STM souhaite avoir davantage de travailleurs de nuit. La STM indique qu’actuellement un quart de travail en soirée n’est pratiquement donné qu’en heures supplémentaires.

Équipés de trompettes et de sifflets, des centaines de syndiqués ont voulu envoyer « un message clair » à leur employeur qu’ils veulent protéger leurs acquis. Mercredi, ils ont bloqué la rue de La Gauchetière une partie de l’après-midi devant le siège social de la STM.

« Dans la vie, tu veux avancer. On ne peut pas accepter des reculs », réplique M. Frenette. Il mentionne qu’une des priorités de ses membres est d’arriver à concilier travail et famille.

Selon M. Frenette, les membres effectuent quelque 500 000 heures supplémentaires chaque année. Pour y mettre fin, la STM devrait selon le Syndicat engager au moins 300 nouveaux employés.

Actuellement, jusqu’à 15 % du service régulier d’autobus est planifié en fonction des heures supplémentaires.

« C’est indéniable qu’au bout de quelques jours la grève va avoir un petit impact […]. Il se peut que sur une ligne, une tournée va sauter parce qu’on n’aura pas le bus nécessaire pour passer à cette heure-là », indique Luc Tremblay, directeur général de la STM.

M. Frenette estime quant à lui que les perturbations seront mineures.

Le conflit s’accentue

À quelques jours de la grève des heures supplémentaires, la STM a déclenché une enquête à la suite d’actes de « vandalisme ».

Dans les dernières semaines, des syndiqués auraient encerclé des contremaîtres pour les intimider dans des garages. De la casse dans les vestiaires a également été rapportée.

« Une enquête est en cours et il y aura des mesures disciplinaires. On est en 2018, on n’est plus en 1960 », indique M. Tremblay.

Le président du syndicat dit ne pas être au courant de la situation.

« Il y a des gens qui ont fait aller leur trompette dans les milieux de travail. C’est ça qui les énerve ? Rien d’autre n’a été porté à ma connaissance », a indiqué M. Frenette.

Vote chez les chauffeurs

Jeudi, les chauffeurs d’autobus tiendront un vote sur un mandat de grève.

Dans l’éventualité où le vote serait majoritairement en faveur d’un débrayage, les syndiqués doivent d’abord aviser l’employeur puisque le transport en commun est considéré comme un service essentiel.

La STM négocie actuellement avec trois des six syndicats représentant différents groupes d’employés au sein de l’entreprise.

La dernière grève à la STM remonte à 2007. Elle avait été déclenchée par les employés d’entretien. D’ailleurs, huit ans plus tard, un rabais de 2,25 $ sur le titre mensuel de septembre 2015 avait été accordé aux usagers de la STM pour les dédommager à la suite des perturbations que cela avait occasionnées.