Une facture de 430 millions pour le vieux pont Champlain

Quelque 51 millions seront investis en 2018 pour s’assurer de la sécurité de la vieille structure.
Photo: Jacques Nadeau Le Devoir Quelque 51 millions seront investis en 2018 pour s’assurer de la sécurité de la vieille structure.

Si le nouveau pont Champlain est prêt à être utilisé comme prévu le 21 décembre prochain, les travaux nécessaires pour prolonger la durée de vie du pont actuel auront coûté 430 millions de dollars au total en l’espace de cinq ans.

La société d’État fédérale Les ponts Jacques-Cartier et Champlain incorporée (PJCCI) a annoncé jeudi qu’elle prévoit d’investir 51 millions de dollars supplémentaires en 2018 pour s’assurer que le pont arrivé en fin de vie est sécuritaire, ce qui portera à 429 millions de dollars le montant total de la facture des travaux d’entretien effectués depuis 2013.

La société PJCCI pourrait investir environ 10 millions supplémentaires l’an prochain si le pont Champlain devait être utilisé jusqu’en juin 2019, mais elle ne croit pas que cette dépense additionnelle sera nécessaire.

La semaine dernière, le gouvernement fédéral a fait savoir qu’il versera 235 millions au consortium responsable de la construction du nouveau pont Champlain, Signature sur le Saint-Laurent, afin de régler un litige concernant des dépenses supplémentaires. Les deux parties ont du même coup fait savoir que la date d’entrée en service de la nouvelle structure est fixée au 21 décembre prochain, trois semaines plus tard que prévu.

Pont « en très bon état »

Les 51 millions de dollars prévus en 2018 pour le pont Champlain permettront notamment de renforcer des poutres intérieures, d’effectuer des travaux sous-marins sur deux semelles et de fabriquer un treillis modulaire qui pourra être installé au besoin. Aucune entrave majeure à la circulation routière n’est prévue, puisque les travaux seront effectués à partir du fleuve Saint-Laurent.

« Le pont Champlain est sécuritaire et en très bon état, malgré son âge avancé », a tenu à préciser jeudi François Demers, directeur principal responsable du pont Champlain. « Il y a des travaux [prévus cette année] qu’on a budgétés au cas où, a-t-il souligné. Si on a besoin d’intervenir, on le fait. »

« Il ne faut pas oublier que ces fonds-là sont nécessaires pour assurer la sécurité du public et conserver cet important lien économique », a renchéri le premier dirigeant de la PJCCI, Glen Carlin.

Pour ce qui est des travaux de déconstruction du pont Champlain, qui devraient coûter environ 400 millions de dollars, ils ne débuteront pas avant l’automne 2019. La société PJCCI a accordé un mandat à une firme en février pour l’assister dans le processus d’évaluation environnementale, qui comprendra entre autres la réalisation d’études sur les oiseaux migrateurs et la faune aquatique, ainsi que des consultations publiques.

Cette démarche s’échelonnera sur 18 à 24 mois et devra être terminée avant de procéder à la déconstruction, ont indiqué les dirigeants de la PJCCI.

Travaux sur le pont Jacques-Cartier

La société PJCCI investira également 96 millions de dollars cette année pour renforcer la structure du pont Jacques-Cartier, dans le cadre d’un programme qui s’échelonne de 2016 à 2027. L’objectif est de prolonger la durée de vie utile du pont jusqu’en 2079.

Ces travaux entraîneront environ 15 fermetures complètes de nuit entre mai et novembre. Le trottoir du pont sera également fermé d’août à octobre pour permettre le remplacement de 500 garde-corps, mais la piste multifonctionnelle sera alors partagée par les cyclistes et les piétons.

Le projet-pilote mené cet hiver concernant le déneigement et le déglaçage de cette piste multifonctionnelle est maintenant terminé. La société PJCCI étudie actuellement les données recueillies et devrait déposer un rapport sur le sujet au cours de l’été.