Le PLQ offre à Lévis son projet structurant de transport collectif

«C’est plus que ce à quoi on s’attendait», s'est réjoui le maire de Lévis, Gilles Lehouillier.
Photo: Marco Bélair-Cirino «C’est plus que ce à quoi on s’attendait», s'est réjoui le maire de Lévis, Gilles Lehouillier.

Le Parti libéral du Québec revient dans les bonnes grâces du maire de Lévis, Gilles Lehouillier.

Le premier ministre, Philippe Couillard, a dépêché vendredi trois ministres sur la Rive-Sud de Québec afin de donner le feu vert à l’aménagement de voies réservées aux autobus sur le boulevard Guillaume-Couture, qui est décrit comme la « colonne vertébrale » d’une ville en pleine croissance. Pour preuve, la population de Lévis a crû de 15 % de 2011 à 2015.

Le gouvernement libéral a mis de côté 86,9 millions de dollars dans le Plan québécois des infrastructures (PQI) 2018-2028 afin d’y arriver. D’ailleurs, le projet d’aménager des voies réservées « minimalement » entre la rue Monseigneur Bourget et la route Kennedy passera de la catégorie « à l’étude » à « en planification ». « C’est plus que ce à quoi on s’attendait », a fait remarquer M. Lehouillier, flanqué de trois ministres libéraux. « Nous allons enfin pouvoir finaliser un projet structurant de transport collectif sur mesure pour Lévis. »

Les « problèmes de croissance » de la municipalité sont « vraiment réels », a souligné le président du Conseil du trésor, Pierre Arcand, après avoir emprunté le boulevard Guillaume-Couture pour se rendre au siège de la Société de transport de Lévis, où la presse avait été convoquée « pour [cette] annonce très, très, très importante » vendredi matin.

« Interconnexion » avec le tramway ?

D’autre part, Lévis pourra investir près de 4,5 millions de dollars afin de mener des études sur une « interconnexion » de la flotte de la Société de transport de Lévis et celle du Réseau structurant de transport en commun de Québec, dont les grandes lignes ont été annoncées il y a une semaine par le maire Régis Labeaume.

À cet égard, « rien n’est écarté » pour relier les deux rives, y compris le prolongement de la ligne de tramway jusqu’à Lévis, a indiqué la ministre déléguée aux transports, Véronyque Tremblay. « Nous souhaitons maximiser vos déplacements pour que vous puissiez passer moins de temps dans votre voiture, et passer, idéalement, plus de temps avec vos familles », a-t-elle affirmé le sourire fendu jusqu’aux oreilles. « Le transport collectif, amélioré, plus attractif, ça signifie aussi des routes moins achalandées pour ceux et celles qui doivent prendre leur voiture ou encore qui préfèrent prendre leur voiture », a-t-elle poursuivi.

Il s’agit d’une « bonne nouvelle pour tout Chaudière-Appalaches », a poursuivi la ministre régionale Dominique Vien à six mois des élections générales. Elle s’ajoute notamment à celles de l’élargissement de l’autoroute 20 sur un tronçon de quatre kilomètres, de travaux de reconstruction de l’échangeur Lagueux et de la mise sur pied d’un bureau de projets sur un troisième lien routier entre Québec et Lévis. « On a fait, au cours des dernières années, de très bons choix comme gouvernement ; d’assainir bien sûr les finances publiques, de faire en sorte qu’on équilibre nos budgets, mais, comme si ce n’était pas assez, non seulement on les équilibre, mais en plus on fait des surplus. Des surplus qui nous permettent aujourd’hui de faire des annonces comme [celle] d’aujourd’hui », a-t-elle fait remarquer.

L’accueil enthousiaste réservé par le maire Gilles Lehouillier à l’annonce gouvernementale, après une période de gel des relations entre Lévis et Québec, est « positif » pour l’équipe de Philippe Couillard. Une stratège libérale n’anticipe pas pour autant un bond de la cote de popularité du PLQ dans la foulée du coup d’envoi des projets de transport collectif à Québec et à Lévis. « Les gens attendent de voir l’impact sur leur quotidien. Pour ça, ça prendra encore du temps. »