Sécurité des cyclistes: les policiers de Québec ne tiennent pas compte des demandes de Louis Garneau

En six ans, le SPVQ a remis un total de deux contraventions à des automobilistes qui ont ouvert leur portière de manière dangereuse.
Photo: Francis Vachon Archives Le Devoir En six ans, le SPVQ a remis un total de deux contraventions à des automobilistes qui ont ouvert leur portière de manière dangereuse.

En six ans, le Service de police de la Ville de Québec (SPVQ) a remis un total de deux contraventions à des automobilistes qui ont ouvert leur portière de manière dangereuse.

Durant la même période, aucun conducteur n’a été interpellé pour avoir dépassé un cycliste sans respecter le corridor sécuritaire imposé par la loi, révèlent des données fournies par le SPVQ.

L’an dernier, l’homme d’affaires et ex-athlète olympique Louis Garneau a organisé une sortie publique pour demander davantage de panneaux de signalisation informant les automobilistes de respecter le corridor de dépassement des cyclistes. Le ministère des Transports a refusé sa demande, en précisant que les panneaux ne doivent pas reprendre les règles du Code de la sécurité routière (CSR).

Or, ces règles sont peu — ou pas — appliquées par les policiers du Québec, a constaté Le Devoir.

À l’exception des agents du Service de police de la Ville de Montréal, ils n’ont remis qu’une poignée de contraventions aux automobilistes qui mettent la sécurité des cyclistes en péril.

Les contraventions liées à l’emportiérage ou au non-respect du corridor de sécurité lors du dépassement d’un cycliste sont rares sur le territoire de la Sûreté du Québec, ainsi qu’à Laval, Gatineau et Longueuil. Elles atteignent tout au plus la dizaine sur le territoire de la SQ, tandis qu’elles ne dépassent pas le chiffre de cinq dans les villes, annuellement.

Le SPVQ est le seul service de police contacté par Le Devoir qui a refusé de fournir ces chiffres, sous prétexte qu’ils nécessitent le recours à la Loi sur l’accès aux documents des organismes publics.

Le service de police a mis 14 jours à répondre au Devoir, en envoyant un tableau qui indique qu’aucune contravention n’a été remise, entre 2011 et 2016, en vertu de l’article 341 du CSR, sur le dépassement sécuritaire, et que deux contraventions ont été remises en raison du non-respect de l’article 430, qui concerne l’emportiérage.

En revanche, le service de police a donné 28 contraventions à des automobilistes qui ont contrevenu à l’article 349 du CSR, qui oblige à céder le passage à un cycliste ou un piéton.

Les dispositions sur l’emportiérage et le corridor de sécurité sont celles que l’ex-ministre Jacques Daoust, aujourd’hui décédé, a mises en avant en 2016 quand il a plaidé « l’urgence d’agir » pour accroître la sécurité des cyclistes sur les routes.

À l’époque, il avait annoncé une hausse des amendes pour emportiérage — le fait d’emboutir, avec sa porte de voiture, un cycliste roulant dans la voie adjacente à l’espace de stationnement — et avait annoncé la création d’un corridor de sécurité, d’un minimum d’un mètre, à respecter lors du dépassement d’un cycliste. « Cette action vise à envoyer un signal clair de notre volonté de protéger les cyclistes sur nos routes », avait déclaré le ministre Daoust.

Avec Dave Noël