Maison Alcan: Guy Laliberté prépare un nouveau projet

Le propriétaire de la Maison Alcan, Guy Laliberté, affirme que le classement patrimonial du complexe qui se trouve au centre-ville de Montréal ne l’empêchera pas d’y ériger une tour.
Photo: Pedro Ruiz Le Devoir Le propriétaire de la Maison Alcan, Guy Laliberté, affirme que le classement patrimonial du complexe qui se trouve au centre-ville de Montréal ne l’empêchera pas d’y ériger une tour.

La Maison Alcan est désormais protégée en vertu de la Loi sur le patrimoine culturel, a confirmé le gouvernement québécois jeudi. Une décision saluée largement — notamment par le propriétaire des lieux, Guy Laliberté, qui envisage toujours de construire une tour sur les lieux.

Dans l’immédiat, M. Laliberté a annoncé qu’il établira à la Maison Alcan le siège social de Lune Rouge, une société qu’il a fondée en 2015 et qui compte environ 150 employés.

Le classement patrimonial du complexe de bâtiments de la rue Stanley « assurera la préservation [d’un] lieu qui est le symbole de l’intégration réussie de bâtiments patrimoniaux à un ensemble urbain contemporain », a fait valoir le ministre de la Culture, Luc Fortin, au cours d’une conférence de presse où les intervenants se sont lancé des fleurs à relais.

M. Fortin, le maire de Montréal, Denis Coderre, le directeur des politiques d’Héritage Montréal, Dinu Bumbaru, le président de la Chambre de commerce du Montréal métropolitain, Michel Leblanc et Guy Laliberté : tous se sont dits satisfaits du dénouement d’un dossier qui traîne depuis l’été 2015. Ils ont chacun salué le travail de « concertation » fait collectivement pour trouver un terrain d’entente.

« Tout seul on va plus vite, ensemble on va plus loin », a illustré le maire Coderre.

À l’époque, les premiers échos du projet de construction d’une tour commerciale de 30 étages — accompagnée de la démolition partielle ou totale de deux immeubles — avaient suscité de vives critiques de la part d’architectes et d’urbanistes. Le projet était soutenu par la Ville de Montréal, qui avait par la suite suspendu le processus d’approbation en attendant de connaître les intentions patrimoniales de Québec, interpellé en cours de route.

Injuste ?

Jeudi, un Guy Laliberté barbu a affirmé que le projet avait reçu un traitement médiatique injuste au départ. « Les choses sont parties sur la place publique d’une façon pas fair, avec encore du gros splash, comme souvent ça peut arriver au Québec dans les journaux, a-t-il commenté. On s’est calmé, on a pris une démarche rationnelle avec l’ensemble des partenaires, et regardez le résultat aujourd’hui. »

Qu’est-ce qui n’a pas été juste ? « Bien, un moment donné, on lance des choses, on part sur des préjugés sur l’entrepreneur… », a répondu M. Laliberté.

Quoi qu’il en soit, le fondateur du Cirque du Soleil pourra mener à terme son projet d’aménagement — ou du moins une version différente qui sera dévoilée plus tard et qui devra être autorisée par le ministère de la Culture.

« L’avis de classification nous permet de construire en hauteur, souligne M. Laliberté. La tour fait partie des possibilités qui sont là, et je verrais cela comme un ajout à l’histoire des bâtiments. Qu’est-ce qui empêche d’ajouter un autre geste architectural qui vient s’intégrer à l’ensemble ? »

Celui-ci consiste en cinq immeubles adjacents construits entre 1872 et 1982. Lune Rouge a acquis cet ancien siège social d’Alcan pour 48 millions en juillet 2016.