Un urbaniste veut se lancer dans la course

Peu connu du grand public, M. McNichols Tétreault a notamment codirigé les travaux de restauration du Théâtre Corona.
Photo: Jacques Nadeau Le Devoir Peu connu du grand public, M. McNichols Tétreault a notamment codirigé les travaux de restauration du Théâtre Corona.

Projet Montréal se cherche un chef pour affronter Denis Coderre lors des élections de 2017. Architecte et urbaniste, Gérald McNichols Tétreault envisage de se lancer dans l’arène politique pour tenter de diriger le parti fondé par Richard Bergeron.

Lancée officiellement il y a 10 jours, la course à la chefferie de Projet Montréal ne compte qu’un candidat déclaré : le conseiller François Limoges. D’autres noms circulent, dont ceux de Valérie Plante, qui dévoilera vraisemblablement ses intentions mardi prochain, et de Guillaume Lavoie.

Gérald McNichols Tétreault n’est pas un militant de Projet Montréal de longue date, mais il se croit en mesure de prendre les rênes du parti.

Peu connu du grand public, M. McNichols Tétreault, 58 ans, a codirigé les travaux de restauration du théâtre Corona. C’est aussi lui qui a conçu et piloté la mise en oeuvre du plan de restauration du site historique du séminaire de Saint-Sulpice. De 2010 à 2013, il a également siégé comme membre du Conseil du patrimoine de Montréal.

Selon lui, Denis Coderre peut être battu lors des prochaines élections si l’opposition évite la division du vote. Mais pour l’emporter, Projet Montréal devra s’ouvrir davantage à la diversité culturelle, rallier des électeurs de différents groupes d’âge et faire des gains dans d’autres arrondissements, explique-t-il en entrevue.

Avant même d’avoir officiellement déposé sa candidature, il a déjà dressé une liste d’orientations sur lesquelles il construirait son programme.

Il reproche au maire Coderre d’avoir centralisé le pouvoir entre ses mains. « Tout passe par le bureau du maire, dit-il. D’ailleurs, on ne voit pas les autres acteurs de la Ville. »

Selon lui, les citoyens doivent être partie prenante des décisions et non être réduits au rôle de « clients ». L’information doit aussi mieux circuler. À titre d’exemple, il cite le cas du village des Tanneries mis au jour lors des travaux de l’échangeur Turcot, mais rapidement détruit. « Les Montréalais n’ont pas été mis en face des informations scientifiques et historiques qui leur auraient permis d’évaluer l’intérêt du site. La décision a été prise en catimini par le gouvernement et la Ville de Montréal », dit-il.

Il tient les mêmes propos au sujet du rejet d’eaux usées dans le fleuve Saint-Laurent, un épisode honteux pour bien des Montréalais.

M. McNichols Tétreault s’attarde aussi au rôle des promoteurs immobiliers qui font des « projets qui ne correspondent pas aux rêves des gens », à la médiocrité architecturale et à la destruction progressive des milieux naturels.

En matière de transports, il s’interroge sur la planification des transports à Montréal — il évoque même un tramway — qui échappe aux autorités responsables du dossier. Il cite le projet du train de la Caisse de dépôt. « C’est un organisme chargé de faire fructifier les placements des Québécois, mais là, ils sont en train de planifier la politique de transport à Montréal. Où sont les organismes qui devraient faire ça ? »

Il parle même des pantalons de camouflage des policiers. Selon lui, le printemps érable a laissé des blessures et il faudra y remédier : « Les gens ont été traumatisés. Et moi je dis que les policiers aussi ont été traumatisés parce qu’ils ont été utilisés. »

Une ville doit se doter de projets ambitieux. Il suggère notamment la tenue à Montréal d’une Exposition universelle en… 2042, pour le 400e anniversaire de la métropole.

La période de mises en candidature à Projet Montréal prendra fin le 15 octobre, et un débat est prévu pour le 30 octobre.

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