Saint-Adolphe perd contre Hydro-Québec

La mairesse de Saint-Adolphe-d’Howard, Lisette Lapointe, est déçue que la Régie n’ait pas retenu le tracé proposé par la municipalité.
Photo: Annik MH de Carufel Le Devoir La mairesse de Saint-Adolphe-d’Howard, Lisette Lapointe, est déçue que la Régie n’ait pas retenu le tracé proposé par la municipalité.

La Ville de Saint-Adolphe-d’Howard a perdu une manche importante dans sa bataille contre Hydro-Québec, qui tente depuis des années d’aller de l’avant avec un projet de ligne de transport électrique devant traverser la municipalité des Laurentides.

Dans une décision rendue mercredi, la Régie de l’énergie a autorisé la société d’État à construire la ligne à 120 volts qu’elle convoite afin de répondre aux besoins croissants en électricité de sa clientèle installée dans les Laurentides.

« La Régie est d’avis que le projet [privilégié par Hydro-Québec] correspond à la solution de moindre impact économique et à la solution la plus avantageuse du point de vue technique. Il permet également de répondre aux besoins de croissance de la clientèle de la région des Laurentides dans une perspective de long terme de façon fiable et évolutive », lit-on dans le jugement.

La Régie note aussi que l’ensemble des intervenants — et même ceux qui s’opposent au tracé qu’elle a finalement retenu — reconnaissent la nécessité d’installer une telle ligne. Selon Hydro-Québec, le projet de 98 millions de dollars aidera à combler les besoins en électricité des MRC des Pays-d’en-Haut et des Laurentides, eux qui ont augmenté de 20 % entre 2004 et 2012 « et qui continuent de progresser ».

La mairesse déçue

La mairesse de Saint-Adolphe-d’Howard, Lisette Lapointe, est déçue que la Régie n’ait pas retenu le tracé proposé par la municipalité, d’autant que celui-ci n’était pas plus coûteux que le scénario d’Hydro-Québec, selon les estimations que la Ville a proposées. « Mais que voulez-vous, la Régie n’a pas compétence en matière de protection de l’environnement, alors ces données ne peuvent pas être prises en compte », s’est-elle désolée.

Dans sa décision, la Régie fait valoir que la solution mise de l’avant par Saint-Adolphe-d’Howard offrait une capacité de développement moins grande à long terme, demandait des ajouts d’ici 2018 et impliquait le démantèlement d’une ligne qui est actuellement utilisée. Appelée à réagir, Hydro-Québec a déclaré que le jugement confirmait « la nécessité du projet ».

Le tracé retenu par l’organisme de régulation économique devra donc être construit à partir du poste de Grand-Brûlé, à Mont-Tremblant, pour ensuite atteindre Saint-Sauveur, en passant par Sainte-Agathe. Sa mise en service est prévue pour septembre 2018 et selon Lisette Lapointe, « ce sera une balafre sur les montagnes, face au village ».

D’ici là, la mairesse promet d’évaluer les options qui s’offrent encore à elle. « Hydro-Québec n’a pas encore obtenu toutes les autorisations nécessaires », a-t-elle rappelé. La société d’État doit encore obtenir un certificat d’autorisation du ministère de l’Environnement et un avis de conformité de la MRC des Pays-d’en-Haut avant de commencer son projet.