Révéler les possibles… au fur et à mesure

Sorte de pied de nez aux zones de travaux qui se multiplient dans la ville durant la belle saison, l’édition 2016 du village éphémère de l’ADUQ prendra cette fois-ci des airs de chantier ouvert. C’est la promenade Smith (ci-dessus) qui en sera le théâtre. Celle-ci risque de bien changer d’ici les prochains mois !
Photo: ADUQ Sorte de pied de nez aux zones de travaux qui se multiplient dans la ville durant la belle saison, l’édition 2016 du village éphémère de l’ADUQ prendra cette fois-ci des airs de chantier ouvert. C’est la promenade Smith (ci-dessus) qui en sera le théâtre. Celle-ci risque de bien changer d’ici les prochains mois !

Pour une quatrième année consécutive, l’Association du design urbain du Québec propose aux Montréalais un nouveau village éphémère. Contrairement aux années précédentes, le projet prendra toutefois une nouvelle couleur puisque le public pourra vivre l’espace durant toute sa conception. Place au chantier !

Au pied des tours en devenir de Griffintown, la promenade Smith a des airs de désert urbain. Situé en bordure de la voie ferrée, coincé entre le tracé sinueux des rails métalliques et le quartier montréalais en mutation, ce tronçon asphalté en mal d’amour peine à se distinguer dans la trame urbaine.

Sa requalification annoncée, prévue en marge des préparatifs pour le 375e anniversaire de la ville de Montréal, qui doit se tenir en 2017, devrait toutefois lui donner un second souffle. Un vent de renouveau qui devrait se mettre à souffler sur les pourtours de l’ancienne tour d’aiguillage Wellington dès ce vendredi, alors que le site, situé à un jet de pierre du canal de Lachine, sera pris d’assaut par les jeunes de l’Association du design urbain du Québec (ADUQ) le temps d’un chantier éphémère.

De village à laboratoire

Photo: Ateliers créatifs Montréal et collectif We/Art Une maquette du nouveau projet de la tour d’aiguillage Wellington

Au fil des ans, l’ADUQ nous a habitués à ses projets de réappropriation urbaine. Des friches réinvesties aux sites réaménagés le temps d’une soirée, en passant par les allées moribondes réinventées, les potentiels sont quasi infinis. Révélateurs des possibles urbains, ces designers — et ceux qui travaillent avec eux — s’activent depuis leur début à redonner aux citadins la place qui leur revient dans ces espaces oubliés. « La vile est une mine d’or, lance sans ambages Pauline Butiaux, l’une des cofondatrices de l’ADUQ. On ne le voit pas nécessairement lorsqu’on la vit au quotidien. » Plus encore, selon elle, les citadins ont tendance à oublier que la ville est une créature vivante, en constante évolution. « Certains pans de son développement sont entourés de mystère, les citoyens étant bien souvent mis de côté durant les processus de transformation. »

Sorte de pied de nez aux zones de travaux qui se multiplient dans la ville durant la belle saison, l’édition 2016 du village éphémère de l’ADUQ prendra cette fois-ci des airs de chantier ouvert, sorte d’atelier de conception in situ. Ainsi, plutôt que de miser sur le produit fini, ce sont les étapes de conception du site qui seront, cette fois-ci, mises à l’honneur. « Pour les citoyens, le chantier est souvent une période de latence, un entre-deux où il ne se passe pas grand-chose, souligne Pauline Butiaux. Avec ce projet, nous voulions leur permettre d’aller à la rencontre des artisans d’un projet de réaménagement, de voir, mais surtout de participer à l’idéation et à la conception de ce site en mutation. Le but est d’entamer un dialogue entre les concepteurs, ces travailleurs de l’ombre, et ceux qui vivent l’espace. »

Élaboré en collaboration avec les Ateliers créatifs Montréal et le collectif We/Art, les deux groupes qui se chargeront de la requalification des abords de l’ancienne tour d’aiguillage Wellington l’an prochain, le site du chantier sera accessible au public à compter du 14 juillet, jusqu’à l’aube d’août.

Chantier vivant

Tout au long du mois de juillet, le public sera donc invité à observer le travail in situ des concepteurs du site. Ces derniers auront d’abord les traits des membres de quatre collectifs de la relève — le Collectif Ally, L’Abri, Les Échardés, L’Espèce —, des groupes qui, depuis déjà quelques années, font tranquillement leur marque dans le petit monde du design urbain. Au travail des designers locaux se juxtaposera ensuite celui du Collectif ETC, prolifique équipe de designers français qui sera en résidence durant quelques semaines sur les rives du canal de Lachine. « Ce chantier sera un espace de co-création, de co-réflexion et, surtout, de co-occupation, précise Pauine Butiaux, un sourire dans la voix. Nous voulons que tant les concepteurs que le public fassent de ce lieu le leur. »

Plus qu’une simple vitrine sur le travail des concepteurs, le chantier de la promenade aura des airs de fête tout au long de sa courte vie. Au programme : soirées culturelles pétillantes, food trucks colorés, tables rondes réflexives… Une résidence en arts visuels est d’ailleurs prévue à la fin du chantier. « L’idée était de rester avec une programmation qui s’apparente à ce qu’on retrouvait dans nos villages des années précédentes », souligne celle qui est également chargée de projet chez We/Art.

Seule différence ? Elles auront d’abord lieu au milieu des outils, parmi les matériaux épars, disposés tout le long du site en mutation. « Nous voulons permettre aux amoureux de la ville d’aller au-delà de l’espace, ajoute-t-elle avec un enthousiasme évident. Ce que nous proposons : c’est aux citadins de s’approprier un espace-temps, d’insérer leur quotidien dans l’éphémère. »

Place au chantier

Du 11 au 30 juillet. À la promenade Smith au 1230, rue Smith