Bombardier doit suspendre la production des voitures de métro Azur pour six mois

La chaîne de production des voitures Azur sera interrompue d’avril à octobre, ce qui entraînera environ 150 mises à pied temporaires à La Pocatière.
Photo: Jeanne Corriveau Le Devoir La chaîne de production des voitures Azur sera interrompue d’avril à octobre, ce qui entraînera environ 150 mises à pied temporaires à La Pocatière.

Bombardier Transport se voit dans l’obligation d’interrompre durant six mois la production des nouvelles voitures Azur destinées au métro de Montréal, en raison du retard d’un de ses fournisseurs, ce qui causera la mise à pied temporaire d’environ le tiers des quelque 430 travailleurs de l’usine de La Pocatière.

La production sera interrompue le 28 avril et ne reprendra qu’à la fin d’octobre, mettant ainsi au chômage temporaire environ 150 travailleurs.

Déjà, cinq trains sont prêts, mais attendent la livraison du système de logiciels de contrôle automatique pour pouvoir être fonctionnels.

« C’est une pièce centrale », a indiqué à La Presse canadiennele directeur des communications de Bombardier Transport, Marc Laforge. « Tous les tests en mode manuel ont été réalisés sans problème. Nous en sommes rendus qu’on ne peut plus faire avancer le projet à défaut d’avoir cette autre pièce maîtresse », a-t-il ajouté.

Ce système est fabriqué par Ansaldo STS, un sous-traitant d’Alstom, le partenaire de Bombardier dans le consortium chargé de produire les nouveaux trains.

Le porte-parole a précisé que l’usine de La Pocatière ne peut plus continuer à construire et entreposer des trains incomplets.

« Nous arrivons à un moment où l’on accumulerait trop d’inventaire en attendant que le système soit prêt ; c’est pourquoi nous devons arrêter la production durant six mois », a-t-il dit.

Ces stocks devaient être liquidés dès le printemps prochain puisque les premières livraisons étaient prévues au deuxième trimestre de 2015. Elles sont toutefois reportées à la fin de l’année, un retard qui expose le consortium Bombardier-Alstom à des pénalités, a reconnu Marc Laforge.

« Il y a toujours dans les contrats des provisions qui prévoient des possibilités de compensations, autant d’un côté que de l’autre. Ces choses-là seront discutées avec nos partenaires et notre client », a-t-il prudemment avancé.

Bombardier assure cependant que la totalité des 468voitures sera livrée avant la fin de 2018, comme le prévoit le contrat.

« La cadence sera à ce moment-là accélérée pour être en mesure d’arriver à la fin de 2018 », a dit M. Laforge.

Le président du conseil d’administration de la Société de transport de Montréal, Philippe Schnobb, a pour sa part indiqué par voie de communiqué que les pénalités « seront appliquées comme prévu au contrat ». La STM a rappelé que la première voiture Azur a été livrée le 28 avril 2014 alors qu’elle était attendue en juin 2013, et que la mise en service du premier train pour la clientèle était prévue en mars 2014.

« Nous sommes préoccupés par cette situation, a indiqué M. Schnobb. De plus, il est trop tôt pour évaluer tous les impacts de cette décision qui prendra effet le 28 avril. Nous allons continuer d’entretenir soigneusement les voitures MR-63 qui, malgré leur âge, ont connu, en 2014, leur meilleure année en termes de fiabilité, mais il est clair que nous comptions sur la mise en service des voitures Azur pour accroître notre offre de service et améliorer l’expérience client. »