Traquer les usagers du transport

Harout Chitilian, élu responsable de la Ville intelligente au comité exécutif de Montréal.
Photo: Jacques Nadeau Le Devoir Harout Chitilian, élu responsable de la Ville intelligente au comité exécutif de Montréal.

À l’instar de Google et de Facebook, Montréal songe à créer une application mobile qui demanderait la permission aux utilisateurs d’être géolocalisés. Le but : améliorer la planification des transports.

« Québec l’a fait, nous sommes grandement désireux de suivre le pas », déclare Harout Chitilian, élu responsable de la Ville intelligente au comité exécutif de Montréal. Ce dernier participera au colloque #VillesIntelligentes, qui se déroule cette semaine à Montréal, où la question des données ouvertes et des systèmes de transport intelligents seront à l’ordre du jour.

M. Chitilian rappelle ainsi que la Ville de Québec a mis sur pied une application mobile pour réaliser l’enquête origine-destination, normalement réalisée tous les cinq ans sous la forme d’un document dans les grands centres urbains du Québec. Cette enquête permet de dresser un portrait détaillé des habitudes de déplacements des personnes, tous modes de transport confondus, et d’aider à la planification du transport.

« L’enquête origine-destination est très utile, mais la technologie peut nous mener bien plus loin, car en suivant les usagers du transport en temps réel, on peut revoir l’offre en profondeur et plus souvent que tous les cinq ans », observe Jean-François Barsoum, membre de l’équipe de recherche IBM Canada. Pour le spécialiste en données ouvertes Stéphane Guidoin, une telle technologie doit être savamment utilisée par les autorités. « Si les citoyens acceptent de partager des renseignements sur leur vie privée, il faut en contrepartie qu’ils y trouvent des bénéfices. Si aucune amélioration n’est perceptible à moyen terme, ils perdront confiance », croit le directeur des solutions de transport à l’organisme Open North.

Ce projet de « traquer les usagers » pose aussi la question de savoir comment les diverses sociétés de transport partageront les données collectées. « L’idéal pour améliorer la gestion des transports serait d’avoir un seul portail où toutes les données seraient réunies, tant celles de la Société de transport de Montréal, de l’Agence métropolitaine de transport, de la Ville de Montréal, du ministère des Transports, etc. », avance Harout Chitilian. Ce dernier admet que, pour l’instant, le modèle « éclaté » de gouvernance en transport constitue un « irritant » au projet de données ouvertes. « Il faut s’attaquer à la question de gouvernance si on veut accélérer le partage efficace des données », tranche l’élu.

L’idéal pour améliorer la gestion des transports serait d’avoir un seul portail où toutes les données seraient réunies.