Los Angeles se détache de la voiture

Catherine Roussel, une architecte écologique qui, après avoir vécu à Washington, a déménagé à Los Angeles pour travailler à l’école d’architecture Woodbury, a dû revoir son mode de vie. « Je roulais en Vespa dans Washington et ses proches banlieues, mais à Los Angeles, l’air est si pollué que j’en étais malade en fin de journée. J’ai donc vendu ma mobylette et acheté une petite voiture », raconte-t-elle au Devoir.

 

Néanmoins, Catherine Roussel estime que Los Angeles évolue dans le bon sens. « C’est une période enthousiasmante ici », dit-elle. Elle observe que « la dynamique surprenante de la croissance du centre urbain » est favorisée par « beaucoup de forces convergentes », notamment la nouvelle réglementation de l’État de Californie sur les énergies naturelles ou la participation des architectes et habitants à l’élaboration du nouveau code de zonage de Los Angeles.

 

Au royaume de la bagnole, l’accent est désormais placé sur le développement d’un réseau de pistes cyclables, la connectivité des quartiers avec la transformation de la rue Figueroa reliant South Los Angeles au centre-ville, l’expansion du métro, l’accessibilité des stations pour les piétons. D’ici 2016, les habitants du centre pourront, pour la première fois, prendre le métro pour aller à la plage à Santa Monica. Longtemps interdite, la culture potagère est désormais autorisée dans les jardins privés.

 

« Le mouvement a démarré avec le maire précédent, un fana de vélo qui, un jour, a eu un accident et fait une chute. Il a alors promu “les rues complètes”, des rues partagées par les cyclistes, les piétons, les voitures et les transports en commun », explique au Devoir Melani Smith, directrice de l’urbanisme au cabinet Melendrez et membre du conseil technique nommé par le nouveau maire, Eric Garcetti.

 

À Los Angeles, le nouvel urbanisme exploite les possibilités offertes par l’ancien. « Un des avantages du mode de vie que nous avions depuis 1945, c’est tout cet espace que nous avions consacré aux rues. Nous avons des rues très larges, et donc, une immense superficie pour changer l’espace, pour modifier l’équilibre entre le tout-voiture et un système multimodal », souligne Melani Smith.

 

Cette transformation est fortement soutenue par la population. « Pour la financer, les électeurs du comté de Los Angeles ont même voté pour l’augmentation de leurs impôts, et ce, en pleine récession ! », s’extasie cette conseillère de la municipalité.