Plantez des arbres!

Le Dr François Reeves a administré un électrochoc à une cinquantaine d’experts internationaux réunis pour discuter du futur quartier de l’hippodrome. Plantez des arbres pour réduire les mortalités cardiovasculaires, leur a-t-il dit.

Selon la littérature scientifique citée par le Dr Reeves, vivre en milieu vert réduit de moitié l’écart de mortalité cardiovasculaire observé entre les riches et les pauvres dans les villes.


M. Reeves s’appuie notamment sur une étude britannique publiée dans The Lancet en 2009. Les auteurs ont remarqué que les écarts de mortalité entre les pauvres et les riches en Angleterre étaient très importants, un phénomène déjà connu. Ils ont réalisé que ces écarts s’atténuaient lorsque les pauvres avaient la chance de vivre dans des environnements plus verts.


Selon le cardiologue, le débat sur l’aménagement des villes ne peut faire l’économie de ce lien entre la verdure et l’incidence des mortalités cardiovasculaires. Sa posologie pour le futur projet résidentiel sur le terrain de l’hippodrome est simple. « Il faut des arbres sur au moins 25 % de la superficie totale », estime-t-il.


Le terrain de l’hippodrome est d’une superficie totale de 43,5 hectares. La suggestion du Dr Reeves implique une plantation de canopées sur l’équivalent de 15 terrains de soccer.


Le Dr Reeves était l’un des nombreux experts internationaux conviés à Montréal pour esquisser les bases du Projet hippodrome. Les experts sont des architectes, des urbanistes et d’autres professionnels de l’aménagement venus d’ici, du reste du Canada, de l’Europe et des États-Unis. Ils sont emballés par le potentiel du site, qui pourrait accueillir de 5000 à 8000 unités.


Le terrain de l’hippodrome est cependant enclavé par l’autoroute et un parc industriel. Son entrée est défigurée par de grandes surfaces qui cadrent très mal avec les ambitions de la Ville, qui veut créer là un quartier vert digne des plus grandes réussites internationales.


Pour y parvenir, il faudra nécessairement refaire le lien entre le site et la station de métro Namur, un lien qui souffre de la présence de l’autoroute et des stationnements à perte de vue. « La présence du métro ne veut pas dire que le transport en commun sera plus facile », reconnaît l’architecte Marie-France Stendahl.


Les experts voient d’un bon oeil l’ajout d’un tramway pour relier le centre-ville au futur quartier, qui pourrait accueillir de 10 000 à 20 000 personnes. Ils se montrent réticents à interdire complètement l’usage de la voiture, comme c’est le cas dans certains projets d’avant-garde en Europe.


Le professeur en architecture et urbanisme de McGill Nik Luka a plutôt suggéré de « tenir la voiture en périphérie », un objectif qui peut être atteint en réduisant la largeur des rues et en misant sur les transports actifs (marche, vélo) et publics.


De nombreuses consultations publiques sont prévues avant l’adoption du plan directeur en 2016.