Quartier Concordia - Plus qu'un quartier universitaire

Émilie Corriveau Collaboration spéciale
Le pavillon GM de l’Université Concordia, à la sortie de la station de métro Guy-Concordia<br />
Photo: Source Université Concordia Le pavillon GM de l’Université Concordia, à la sortie de la station de métro Guy-Concordia

Ce texte fait partie d'un cahier spécial.

Au cœur du centre-ville de Montréal, aux environs du campus central de l'Université Concordia, le quadrilatère que forment les rues Sherbrooke, Guy, René-Lévesque et Bishop est aujourd'hui en pleine transformation. Désormais désigné Quartier Concordia, ce secteur longtemps laissé pour compte voit ces jours-ci ses blasons redorés grâce aux efforts de l'institution universitaire.

Confrontée depuis bon nombre d'années à une croissance qu'elle ne pouvait plus contenir, au tournant des années 2000, l'Université Con-cordia n'a eu d'autre choix que de réfléchir sérieusement à l'avenir de son campus du centre-ville. Plutôt que d'opter pour un simple réaménagement de ses espaces, Con-cordia a préféré miser sur un plan de développement plus durable.

«Le plan, c'était vraiment de trouver une façon de non seulement agrandir le campus, mais également, de mieux s'intégrer dans le plan urbain de la ville de Montréal et de réussir à faire une différence dans un quartier qui avait été pas mal délaissé pendant des décennies», explique Clarence Epstein, directeur des projets spéciaux et des affaires culturelles de l'Université Concordia.

En collaboration avec la Ville de Montréal, en 2003, Concordia a donc organisé un con-cours afin de dénicher les maîtres d'oeuvre d'un plan d'aménagement qui saurait non seulement répondre aux besoins de l'université, mais également à ceux des Montréalais et des résidents du quartier.

À l'issue de celui-ci, c'est la vision du Groupe Cardinal Hardy qui a été retenue. Un peu moins d'une décennie plus tard, la transformation du secteur est notable. Bien que toujours en développement, le campus Sir George William de Concordia, autrefois constitué de buildings épars et florissant au gré de la croissance de l'université, est en voie de devenir l'un des mieux intégrés à la trame montréalaise et l'un des plus tournés vers l'art.

Intégration urbaine

«L'une de nos plus grandes réussites, c'est notre intégration à la trame urbaine. Notre défi premier, c'était de trouver une façon de diminuer la séparation physique entre la rue et l'université pour créer plus de transparence et de fluidité», soutient M. Epstein.

Pour y parvenir, on a notamment pensé à aménager une piste cyclable traversant le Quartier Concordia au sud du boulevard de Maisonneuve. Celle-ci s'étend de la rue Saint-Hubert à l'avenue Greene

et contribue à relier l'est et l'ouest du centre-ville. On a aussi entrepris des travaux de réaménagement du boulevard de Maisonneuve et de la Place Norman-Bethune en vue de favoriser les déplacements, d'u-niformiser la chaussée et de verdir l'espace. À cela s'ajoute le développement du réseau souterrain du quartier afin de mieux relier les édifices du campus et de permettre une plus grande fluidité des passants.

«Le métro Guy-Concordia est le quatrième plus achalandé de la ville de Montréal. Il n'a pas reçu d'investissements importants depuis longtemps. Nous travaillons de concert avec la STM pour améliorer tous les éléments de cette station, parce qu'elle est très présente dans le quotidien de notre communauté. Elle est la transition souterraine entre l'université et la ville. Nous travaillons beaucoup sur la signalisation et l'intégration de l'art public pour construire une relation beaucoup plus raffinée entre l'université et la métropole», précise M. Esptein.

Couvent et banque


Dans le même esprit, on a également fait l'acquisition de la maison mère des Soeurs grises, ce qui a permis à Concordia de bonifier son campus. «Le fait que Concordia ait pu faire cette acquisition joue un rôle important dans le développement du quartier. Au départ, ce n'était pas prévu et nous étions assez limités en termes d'espaces verts. Cet ajout s'est avéré un élément fabuleux, parce que non seulement il nous a permis d'acquérir des espaces verts, mais également, d'inclure dans notre campus un élément patrimonial fort important», ajoute le directeur des projets spéciaux.

L'édification d'un complexe de 17 étages, le Engineering, Computer Science and Visual Arts Building, la relocalisation de la John Molson School of Business dans le Molson Building et l'intégration de l'édifice historique de la banque TD Canada Trust au campus ont aussi joué un rôle important dans la revitalisation du quartier.

Tournée vers l'art

Pour mettre en valeur ses nouveaux édifices, ses espaces verts et les lieux publics, Con-cordia s'est tournée vers l'art public. Cela se traduit par l'intégration de nombre d'éléments culturels sur le campus, notamment dans le réseau souterrain de l'université.

«Pour nous, c'est très important d'utiliser l'art public pour passer notre message. Nous voulons exprimer à la communauté universitaire et au public en général que la culture est un élément enrichissant dans la vie, qu'elle est primordiale. Nous sommes le quartier où l'art public est le plus présent et nous sommes très fiers de cela», confie M. Epstein.

Perspectives

D'ici la fin de l'été 2012, l'aménagement de la piste cyclable et du boulevard de Maisonneuve sera terminé. Viendra ensuite le réaménagement des rues MacKay, Bishop et Guy, mais celui-ci n'est pas prévu avant 2013.

«On est toujours à l'étape des pourparlers préliminaires avec la ville pour voir dans quels délais il sera possible de faire le tout. C'est le prochain projet sur notre liste, mais les échéanciers ne sont pas encore tout à fait précis», note le directeur des projets spéciaux.

Le développement du Quartier Concordia devrait s'échelonner encore sur de nombreuses années. «C'est un projet qui n'a pas réellement de finalité, affirme-t-il. Éventuellement, le phasage [nom-bre de phases à réaliser] physique diminuera en importance, mais il y a aura toujours des améliorations ponctuelles à apporter à la signalisation, à l'éclairage, etc. C'est un quartier dynamique, qu'on ne doit pas laisser stagner.»

Si le projet d'aménagement du Quartier Concordia est encore en plein développement, il répond déjà aux attentes que s'était fixées l'institution universitaire, notamment améliorer l'utilisation des espaces extérieurs, favoriser les relations entre la communauté universitaire, les résidents du secteur et les citoyens, optimiser la circulation dans le périmètre de l'université, ainsi que bonifier la qualité de vie sur le campus.

«Déjà, la vie de tout le quartier est transformée, souligne M. Epstein. La circulation est plus fluide et la communauté universitaire apprécie beaucoup plus l'environnement qu'elle fréquente au quotidien. De ce côté-là, il n'y a aucun doute! Quant aux gens qui habitent le quartier, ils voient naître depuis quelque temps de nouveaux cafés, de nouveaux restaurants, de nouvelles galeries d'art. Leur qualité de vie s'améliore. Pour nous, tout cela, c'est très motivant et très positif. Le projet répond tout à fait à nos attentes et bien plus encore!»

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Collaboratrice du Devoir

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Pour plus de détails sur le Quartier Concordia: www.concordia.ca/about/major-projects/quartier-concordia/