Réseau routier à Montréal: le monde des affaires réclame coordination et leadership

Une vue du pont Victoria hier. La situation semble s'aggraver de jour en jour à Montréal. <br />
Photo: Annik MH de Carufel -Le Devoir Une vue du pont Victoria hier. La situation semble s'aggraver de jour en jour à Montréal.

Le milieu des affaires ressent déjà l’impact de la fermeture du pont Honoré-Mercier et réclame à son tour des gouvernements une meilleure coordination des travaux et davantage de leadership.

La Fédération canadienne de l’entreprise indépendante (FCEI), qui représente les PME, et le Conseil du patronat du Québec (CPQ), qui regroupe la grande entreprise, se disent très inquiets d’une situation qu’ils qualifient tous deux de catastrophique.

Les impacts se font déjà sentir, notamment au chapitre des retards d’employés au travail, ce qui est particulièrement pénible pour les petites entreprises, ainsi que des retards dans la livraison et l’expédition de marchandises.

De plus, la possibilité d’une surcharge pour la livraison et la cueillette de marchandises sur l’île de Montréal, évoquée par l’industrie du camionnage, représente une menace additionnelle pour les gens d’affaires.

Par ailleurs, la FCEI note que les réseaux sociaux sont désormais remplis de commentaires de banlieusards qui n’ont plus l’intention d’aller magasiner sur l’île.

Les deux organismes réclament une amélioration de l’information en temps réel pour les automobilistes et, surtout, que tous les paliers se réunissent pour coordonner leurs efforts et que quelqu’un assume la responsabilité de diriger cette coordination.

Ils rappellent que la fermeture partielle du pont Mercier est venue déséquilibrer une situation déjà très fragile avec les problèmes de l’échangeur Turcot, du pont Champlain et les travaux réguliers à plusieurs endroits stratégiques. À cela s’ajoutent des décisions en matière de circulation prises dans certains arrondissements sans se soucier de leur impact sur les arrondissements voisins, ainsi que les fermetures de rues pour différentes activités estivales, autant d’entraves qui nécessitent plus que jamais une meilleure planification.

Selon le CPQ, la liste d’épicerie en matière d’infrastructures représente une dizaine d’années de cauchemar et de 15 à 20 ans de perturbations. L’organisme dénonce au passage le manque de vision à long terme des gouvernements au cours des dernières décennies et leur penchant pour des décisions davantage susceptibles de mener à la réélection qu’à la sauvegarde des infrastructures.

Le prix économique risque d’ailleurs de s’alourdir à plus long terme. Ainsi, on craint que le marché immobilier de la rive-sud soit atteint et que les citoyens qui travaillent à Montréal soient rébarbatifs à s’y installer. Par ailleurs, les employeurs craignent que la situation du transport représente éventuellement un obstacle au recrutement alors que les besoins de main-d’oeuvre ont été établis à 300 000 travailleurs d’ici trois ans dans la grande région de Montréal.

Outre les impacts purement économiques, le milieu des affaires déplore de plus une aggravation de la pollution atmosphérique générée par les véhicules immobilisés dans les bouchons et dont les émissions augmentent selon la durée du trajet.

D'autres entraves ce matin

Comme si la situation n'était pas déjà assez compliquée, deux incidents se sont ajoutés ce matin, contribuant à alourdir une heure de pointe déjà pénible.

Dans l’un des deux cas, une réparation d’urgence a été faite mais elle n’a pas tenu. Vers 7h30, alors que des milliers de véhicules se dirigeaient vers Montréal, des ouvriers ont fermé l’une des deux seules voies de circulation restantes du pont Honoré-Mercier afin d’effectuer ces travaux. Il semble que des trous devaient être colmatés sans délai en raison d’un affaissement de chaussée, selon Transports Québec.

A 10h15, les travaux étaient terminés et la circulation était rétablie. Toutefois, vers 10h45, les réparations cédaient et la voie était de nouveau fermée.

Depuis la fermeture de deux des quatre voies du pont Mercier, en début de semaine, la circulation de l’heure de pointe du matin se fait en direction de Montréal, alors qu’en fin de journée, elle n’est permise que vers la Rive-Sud.

D’autre part, un obstacle majeur à la circulation a été causé dès 5h45, lorsqu’une opération du Service de police de la Ville de Montréal (SPVM) a contraint les autorités routières à fermer la sortie Berri/Saint-Laurent de l’autoroute 720 Est, au sortir du tunnel Ville-Marie. Le SPVM explique qu’une jeune femme a menacé de mettre fin à sa vie. Cependant, la police a rétabli la circulation peu après 8h30.

3 commentaires
  • V. Dion - Inscrit 17 juin 2011 18 h 43

    Ouff...

    Je pars du Lac Saint-Jean pour déménager sur l'île à la fin du mois.
    Je me demande si je vais réussir à m'y rendre et ce, presque sans exagération.

  • Claude Kamps - Inscrit 17 juin 2011 21 h 07

    Ça fait 10 ans qu'on aurait du pas écouter les cyclistes

    et construire un pont de plus sur la rive-sud, juste au cas où...

    Le «cas où» est arrivé et Charest est encore à pas s en occupé., Hamas s'en occupe de ses bureaux de Québec, ou tout vas bien, pas de trous dans les pont...

  • Bernard Terreault - Abonné 18 juin 2011 10 h 29

    Le monde des affaires ?

    N'a-t-il pas été un peu complice, 1) en profitant des magouilles et de la corruption, 2) en poussant à l'étalement, 3) en poussant à la construction mais sans insister sur l'entretien. Comment se fai6t-il que le Pont Victoria, plus que centenaire, que le Pont Jacques-Cartier, vieux de 80 ans, d'autres ponts centenaires de New-York à l'Écosse (sans parler de la tour Eiffel) tiennent toujours le coup ?