Lyon tourne le dos à l'automobile

Le tramway à Lyon<br />
Photo: Marco Bélair-Cirino - Le Devoir Le tramway à Lyon

Le sénateur-maire de Lyon, Gérard Collomb, a ouvert la discussion au colloque sur «La gouvernance des systèmes et réseaux de transport» dans le cadre des 23es Entretiens Jacques-Cartier, soulignant avec force que les «problèmes de mobilité» sont majeurs, mais non impossibles à résoudre.

«Certains envisageaient la révolution Internet comme la fin des villes, une espèce de toile qui se serait diluée. On s'aperçoit aujourd'hui qu'il n'y a pas la fin des villes, mais au contraire [une] concentration dans les villes avec des flux internationaux, des flux interrégionaux et, évidemment, des flux métropolitains», rappelle Gérard Collomb, faisant écho aux travaux de la sociologue américaine Saska Sassen.

Lyon est «historiquement une ville concentrée, [...] qui a été largement construite autour des grandes autoroutes, des grands accès, qui, aujourd'hui, sont totalement saturés et qui ne peuvent plus être des vecteurs du développement de demain», explique M. Collomb, qui est également président du Grand Lyon.

La ville sise au confluent du Rhône et de la Saône est engagée à rejeter le «modèle des automobiles» et à adopter le «modèle du transport en commun», souligne-t-il, à l'instar de Montréal et, avec une plus grande fougue, de l'arrondissement Plateau-Mont-Royal.

Une des priorités du Grand Lyon est l'articulation de trois flux: tout d'abord, les flux internationaux, dont l'aéroport Lyon-Saint-Exupéry et les gares de TGV sont un accès facile, ensuite, les flux interrégionaux et régionaux, avec les TER (Transport express régional), enfin, les flux urbains, concrétisés à Lyon par les métros, les tramways, les trolleybus, les autobus, les vélos en libre-service Velo'v ainsi que... la marche à pied. «C'est cette articulation-là qu'il nous faut penser. Il faut penser notre agglomération en termes métropolitains, dit Gérard Collomb. Le problème, c'est l'interconnexion des différentes aires métropolitaines»

Lyon, à l'instar de la Ville de Montréal, s'efforce de faire en sorte que les automobilistes laissent leur véhicule le plus en amont possible du coeur de la ville, notamment grâce à des stationnements incitatifs et à une offre de transport collectif adéquate. Lyon avait aménagé il y a cinq ans des stationnements au centre-ville, qui sont aujourd'hui pratiquement vides. «Les gens s'aperçoivent que c'est bien de trouver une place dans la ville, mais il faut d'abord accéder à cette place.»

En même temps, les administrations municipales doivent mettre l'accent sur le transport de «courte distance», soit le «dernier kilomètre», en développant des «lieux agréables» pour le cyclisme urbain et la marche à pied.
1 commentaire
  • Pierre Rambaud - Inscrit 23 janvier 2011 00 h 17

    Ouais!

    Tombe sur cet article par hasard... Pourquoi dire que Montréal «à l'instar de Lyon...» etc.?
    Journaliste originaire de cette ville et ayant déjà proposé au Devoir, il y a plusieurs années, un texte sur les efforts lyonnais de décongestionner les artères de la ville en réinstallant les anciens tramways «revampés» (j'ai en effet vécu à la fois le dernier voyage du tramway de mon enfance et l'inauguration de la première ligne «ressuscitée») et découverts à leur naissance les premières stations de bicyclettes communautaires (!)... il me semble exagéré d'utiliser le terme à l'instar de... Montréal. Il me semble que l'exemple venait plutôt de Lyon (et de Lille entre autre)!
    Rendons à César ce qui,... etc.
    PR