Querelle au sujet de la vente d'un édifice de la Ville

Attendant toujours le feu vert du comité consultatif d'urbanisme du Plateau-Mont-Royal, la Ville de Montréal compte se départir du pavillon Lafontaine sis aux abords du parc Lafontaine et qu'elle loue actuellement à la Direction de santé publique de Montréal, qui pourrait l'acheter.

«Cette propriété ne sert pas aux besoins de la Ville présentement [et la Ville entend se défaire] de cette propriété excédentaire», a fait savoir hier la porte-parole de la Ville de Montréal, Valérie De Gagné. Une firme a d'ailleurs été mandatée par le comité exécutif de la Ville en avril pour évaluer «la valeur marchande, à des fins de vente» de l'immeuble.

Les élus de Projet Montréal fustigent la ville centre de vouloir passer outre un avis du comité consultatif d'urbanisme (CCU) datant de décembre 2007. «[Le CCU] craint que l'opération cadastrale, si elle est accordée, nuise à l'élaboration d'un plan global d'aménagement du parc», a indiqué le CCU, exigeant que la Ville lui fasse connaître son plan directeur du parc Lafontaine avant qu'il rende sa décision. Le plan directeur se fait toujours attendre. «On loue présentement des bureaux au privé pour les employés de l'arrondissement, ça nous coûte plus d'un million de dollars par année. Peut-être qu'on pourrait déménager certains employés dans cet édifice», a suggéré la conseillère municipale du district De Lorimier, Josée Duplessis. Elle propose d'analyser l'usage qui pourrait être fait du site, où s'érigeait jadis l'École normale Jacques-Cartier, au profit des usagers du parc Lafontaine et de l'arrondissement.

Le maire de l'arrondissement du Plateau-Mont-Royal, Luc Ferrandez, réprouve aussi l'initiative de l'administration Tremblay. «Non seulement on nous étouffe en coupant les budgets au minimum, mais en plus on veut vendre nos actifs. Mon sang ne fait qu'un tour», a écrit M. Ferrandez sur son blogue. «Voir si c'est sous notre administration qu'une partie du parc va être privatisée», a-t-il ajouté.

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