Transport en commun dans le grand Montréal - Les projets abondent pour desservir 82 municipalités

D'ici quelques années, le transport en commun dans la grande région métropolitaine est appelé à se développer. Déjà, certains projets ont été amorcés et plusieurs autres restent à venir. Survol des divers projets liés au transport en commun dans la région montréalaise.

La part du lion des sommes qui seront investies prochainement dans le développement du transport en commun ira au métro de Montréal. Au premier chef, il y a le remplacement des vieux wagons MR63 par des wagons neufs. On compte aussi rénover la flotte de wagons MR73. S'ajoutent à cela deux importants programmes de rénovation, soit Réno-Système, qui permettra la mise à jour des divers systèmes du métro, comme les communications et l'alimentation électrique, et le programme Réno-Stations, consacré à la rénovation des stations de métro. Quant aux trains de banlieue, une somme sera affectée à l'entretien de la flotte de ces trains. En plus du métro, chacune des sociétés de transport fera l'acquisition de nouveaux autobus. «Tous ces projets, souligne Richard Tremblay, directeur des finances de la Commission métropolitaine de Montréal (CMM), s'inscrivent dans le maintien du patrimoine et ils ne sont pas à proprement parler des projets de développement.»

À ce titre, un seul projet a déjà reçu l'aval des autorités. Il s'agit de la nouvelle ligne de train de banlieue qui partira de Mascouche, passera par Repentigny et gagnera l'île de Montréal par Pointe-aux-Trembles et Rivière-des-Prairies. «Si on tient compte de tous les projets de maintien et qu'on y rajoute le train de l'Est, c'est environ cinq milliards de dollars qui seront prochainement investis dans le transport en commun dans la région métropolitaine.»

Projets à l'étude

Les projets de développement du transport en commun sont donc encore aujourd'hui à l'étape de l'étude. Parmi ces derniers, trois se dégagent du lot. Mentionnons en premier le prolongement de la ligne bleue du métro vers Anjou. «C'est un projet qui devrait voir le jour puisqu'il s'agit d'un projet prioritaire pour la Société de transport de Montréal.»

Le second projet qui devrait aboutir sous peu concerne le lien rapide entre l'aéroport Trudeau et le centre-ville de Montréal. «Les études, à toutes fins utiles, sont terminées et on devrait avoir d'ici peu une annonce à ce sujet.»

Quant au troisième projet, il s'agit du service léger sur rail (SLR) entre Longueuil et le centre-ville de Montréal. «Quant à ce projet, il est difficile de se prononcer présentement car nous ne connaissons pas tous les détails de ce qu'entend faire la Société des ponts fédéraux quant au pont Champlain.»

Autres projets dans l'air

On peut aisément avancer que ce ne sont pas les projets de développement du transport en commun dans la grande région montréalaise qui font défaut, puisque chaque intervenant dans ce dossier complexe caresse ses propres projets. Même si le métro vient tout juste de s'étendre à Laval, plusieurs souhaitent que la ligne orange soit entièrement bouclée, ce qui exigerait un second passage sous la rivière des Prairies. De plus, le maire de Laval, Gilles Vaillancourt, jongle avec l'idée d'introduire à Laval des trolleybus.

À Montréal, ce sont plutôt les tramways qui sont susceptibles de refaire leur apparition. Plusieurs circuits ont déjà été proposés, dont les plus connus sont le tramway prévu sur l'avenue du Parc et celui sur le boulevard Pie-IX. À Longueuil, on aimerait bien voir la ligne jaune du métro se prolonger jusqu'au cégep Édouard-Montpetit. À l'Agence métropolitaine de transport (AMT), on étudie présentement de nouveaux tracés pour d'éventuelles nouvelles lignes de trains de banlieue.

Il ne faudrait pas non plus passer sous silence les besoins des collectivités des couronnes nord et sud de Montréal. «Ces municipalités se sont beaucoup développées et forment de nouveaux pôles de déplacement où on trouve plusieurs générateurs de déplacements, comme les hôpitaux, les cégeps et les écoles. Il se fait aujourd'hui beaucoup de déplacements, non seulement vers Montréal, mais entre les différents territoires des deux couronnes. Il va falloir améliorer le service et y implanter des mesures préférentielles, comme des stationnements incitatifs et des voies réservées, si on veut répondre adéquatement à cette nouvelle demande.»

Et combien tout cela coûtera-t-il? «Si on tient compte de tous les projets qui se retrouvent présentement dans le collimateur et qu'on y inclut les sommes déjà consacrées au maintien du patrimoine et au train de l'Est, on peut facilement avancer qu'il faudra investir d'ici 10 à 15 ans environ 10 milliards de dollars dans le transport en commun dans la grande région de Montréal.»

Difficile gouvernance

Ces projets verront-ils tous le jour et, dans l'affirmative, à quel moment? Difficile à dire, parce que les décisions relatives au développement du transport en commun dans la grande région montréalaise sont réparties entre les diverses instances qui sont concernées. Il y a d'abord le ministère des Transports, qui a son propre plan de gestion des déplacements pour la région métropolitaine. Et puis, il y a l'Agence métropolitaine de transport (AMC) qui a son mot à dire. S'ajoutent à cela les sociétés de transport et les municipalités qui ont chacune des plans de développement. Sans compter la CMM, qui regroupe les 82 municipalités de la région montréalaise, dont l'un des mandats réside justement dans la planification du transport en commun dans la région métropolitaine.

N'y aurait-il pas lieu de simplifier? «À la CMM, nous sommes conscients du problème et nous avons mis en place un comité qui fera des recommandations quant à la gouvernance du transport en commun. Le gouvernement a aussi nommé un mandataire pour étudier la question. On verra bientôt les propositions qui en sortiront.»

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Collaborateur du Devoir

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